Ligne ferroviaire Laghouat-Tamanrasset : Les derniers préparatifs avant le lancement des travaux

Le ministre des Travaux publics et des Infrastructures de base, Abdelkader Djellaoui, a présidé mardi à Alger une réunion de coordination consacrée à la finalisation des préparatifs de terrain pour le lancement des travaux de la ligne ferroviaire Laghouat-El Meniaa-In Salah-Tamanrasset. Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement des instructions données par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors du Conseil des ministres de dimanche, selon un communiqué du ministère.
Y ont pris part des cadres centraux du département ministériel, ainsi que les responsables des entreprises de réalisation et des bureaux d’études chargés des études et du suivi du projet. Les échanges ont porté sur l’évaluation du niveau de préparation et sur la coordination entre les différents intervenants, en vue du démarrage effectif des travaux, précise la même source.
Les participants ont fait le point sur l’avancement des préparatifs pour quatre tronçons : Laghouat-Ghardaïa (265 km), Ghardaïa-El Meniaa (230 km), El Meniaa-point kilométrique 216, et Tamanrasset-Moulay Lahcen (213 km).
Le communiqué indique que la réunion a également permis d’examiner l’état de préparation des chantiers ainsi que les moyens matériels et humains mobilisés. Elle a aussi porté sur les mesures à prendre pour garantir la disponibilité des ressources nécessaires, sur les moyens de lever les éventuelles contraintes rencontrées sur le terrain et sur la coordination des interventions des entreprises concernées.
À cette occasion, M. Djellaoui a insisté sur la nécessité de finaliser les préparatifs et d’accélérer la cadence du suivi. Il a également appelé à mobiliser les moyens matériels et humains requis et à garantir la pleine préparation des entreprises de réalisation, afin de lancer effectivement les travaux sur le terrain, conformément aux instructions du chef de l’État.
Au-delà de son ampleur, ce projet répond à un enjeu structurant : le désenclavement du Grand Sud. Relier Laghouat à Tamanrasset par le rail permettrait de doter des wilayas éloignées, aujourd’hui largement tributaires de la route et du transport aérien, d’une infrastructure capable d’acheminer à grande échelle voyageurs et marchandises. Sur de telles distances, le rail est généralement plus économe que le camion, ce qui peut réduire les coûts logistiques, alléger la pression sur le réseau routier et améliorer la sécurité des déplacements. Il peut aussi faciliter l’approvisionnement des villes sahariennes en produits de première nécessité et en matériaux, tout en offrant aux producteurs du Sud, notamment agricoles, un débouché plus rapide et moins coûteux vers les marchés des wilayas du Nord.
Sur le plan économique et stratégique, une telle ligne constitue un levier d’aménagement du territoire. Elle peut stimuler la valorisation des ressources minières et agricoles du Sud, soutenir l’implantation d’activités industrielles et de services le long du tracé, encourager le tourisme saharien et créer des emplois, durant la phase de réalisation comme à l’exploitation.
Des projets stratégiques et prometteurs
C’est d’ailleurs certainement dans le même ordre d’idée que le projet de la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset, dont la réception est prévue pour 2028, connaît un véritable engouement à travers l’ensemble de la population. Hier, de nombreux témoignages, recueillis à Tamanrasset par l’APS, ont fait de leurs enthousiasmes quant à la concrétisation du projet. En effet, les propos de plusieurs acteurs de la région de Tamanrasset, rapportés par l’APS, ont convergé sur un même mot d’ordre : la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset est un projet stratégique prometteur, appelé à améliorer le cadre de vie des citoyens et à donner une impulsion au développement du Sud en général.
Ainsi, pour Abdelbasset Azzaoui, enseignant à l’université de Tamanrasset, la connexion ferroviaire de la ville et de ses environs marque le début d’une nouvelle ère pour la région, compte tenu des opportunités qu’elle ouvrira et de la restructuration qu’elle induira dans la monographie économique locale. Selon l’universitaire, le projet ouvrira également des perspectives d’intégration algéro-africaine et ferait de l’Algérie « un hub logistique entre l’Afrique du Nord et sa profondeur continentale », avec des répercussions socioéconomiques sur l’ensemble de la région.
Ahmed Azzi-Addi, opérateur touristique à Tamanrasset, estime de son côté que la ligne contribuera à dynamiser l’activité touristique, en permettant aux visiteurs d’accéder plus facilement aux nombreux sites de la région.
Sidi-Mohamed Doudada, agriculteur dans la région de Tit, a indiqué que la mise en service du projet entraînera une baisse des coûts d’acheminement des produits agricoles, des produits de large consommation et d’autres marchandises. Cette réduction aura, selon lui, un effet positif sur les divers services ainsi que sur la stabilité de la population locale.
Enfin, Bekkai Chambâa, acteur associatif à Abalessa, a affirmé que la réalisation de cette ligne incarne la volonté du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de conforter le développement des régions du Sud, en particulier l’Ahaggar. Il a précisé que la population locale place de grands espoirs dans ce projet stratégique pour la concrétisation d’un développement durable.
Salima G
