Malgré le veto américain contre un cessez-le-feu en Palestine: Alger déterminée à aller jusqu’au bout

Les Etats-Unis ont opposé leur veto, mardi, à un projet de résolution soumis par l’Algérie au Conseil de sécurité de l’ONU, exigeant un cessez-le-feu «immédiat» à Ghaza, leur troisième véto depuis le début de l’agression sioniste en cours contre cette enclave palestinienne.
Déposé il y a quelques jours par l’Algérie, membre non-permanent du Conseil de sécurité, le projet de texte, qui exige «un cessez-le-feu humanitaire immédiat qui doit être respecté par toutes les parties», a recueilli 13 voix pour, une contre et une abstention (Royaume-Uni).
Ce projet de résolution intervient alors que Ghaza est victime d’une agression sioniste barbare ayant fait plus de 29.000 martyrs et des dizaines de milliers de blessés, en majorité des femmes et des enfants.
Réagissant à ce veto, le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU), Amar Bendjama a exprimé son regret tout en assurant que l’Algérie « ne s’arrêtera pas jusqu’à ce que le Conseil de sécurité assume pleinement ses responsabilités et appelle à un cessez-le-feu ».
Par ailleurs, M. Benjama a exprimé sa profonde gratitude à tous les membres pour leur participation constructive, tout au long du processus de négociation, et présenté ses remerciements à tous les Etats qui ont voté en faveur du projet de résolution et ceux qui ne se sont pas opposés à l’adoption de ce projet.
« Ce projet de résolution véhicule un message fort aux Palestiniens, à savoir que le monde ne peut rester silencieux face à leur détresse, mais malheureusement, le Conseil de sécurité a échoué encore une fois à s’élever à la hauteur des appels et aspirations des peuples », « un échec qui ne le dispense pas d’assumer ses responsabilités, ni la communauté internationale de ses obligations envers le peuple palestinien désarmé, ni même les autorités d’occupation du devoir de mise en œuvre des mesures conservatoires de la Cour internationale de justice (CIJ) », a-t-il précisé.
Il a affirmé dans ce contexte qu' »il est grand temps pour que l’agression cesse et que nous puissions faciliter l’acheminement des aides humanitaires vers toutes les régions de Ghaza ».
Précisant que « les deux résolutions 2712 et 2720 n’ont pas abouti aux résultats escomptés et que les aides ne couvrent pas le minimum des besoins des Palestiniens, M. Bendjama a souligné la nécessité de reconnaitre que seul un cessez-le-feu permettrait d’atteindre l’objectif escompté ».

L’Algérie « ne s’arrêtera pas »

Il a rappelé en outre que « les peuples de notre région considéraient et considèrent toujours le Conseil de sécurité, comme étant le garant de la légalité internationale, mais malheureusement, il les a déçus encore une fois ». Dans ce cadre, l’ambassadeur d’Algérie à l’ONU a adressé un message à la communauté internationale, l’appelant à la nécessité de « répondre aux demandes de cessation des massacres ciblant les Palestiniens, en exigeant un cessez-le-feu immédiat. Quiconque va à son encontre doit revoir ses politiques et ses calculs, car les résultats des mauvaises décisions d’aujourd’hui mèneront, demain, à la violence et à l’instabilité dans notre région et dans le monde ».
« Interrogez-vous sur le résultat de vos décisions et sur la façon dont l’histoire vous jugera », a-t-il martelé. « Ce soir, nous enterrons nos martyrs en Palestine. Demain, l’Algérie reviendra au nom de la nation arabo-musulmane et des hommes libres de par le monde, et avec nous, les âmes des milliers d’innocents assassinés par l’occupant israélien dans l’impunité la plus totale, pour frapper aux portes du conseil et exiger l’arrêt du bain de sang en Palestine. Nous ne nous arrêterons pas tant que ce conseil n’aura pas assumé son entière responsabilité et appelé à un cessez-le-feu, car notre volonté est de fer et notre détermination est inépuisable ».
Pour rappel, le vote sur ce projet de résolution intervient après la décision fin janvier par la Cour internationale de Justice (CIJ) qui a appelé l’entité sioniste à arrêter de cibler des civils palestiniens, de sanctionner les responsables sionistes incitant à la violence et d’autoriser l’entrée sans obstacles de l’aide humanitaire dans la bande de Ghaza, un verdict prononcé par rapport à la requête déposée par l’Afrique du Sud affirmant que l’entité sioniste a commis des «crimes de génocides» dans l’enclave palestinienne assiégée.
Comme il fallait l’attendre, le veto américain a suscité une vague de réprobation mondiale. Cette décision a déclenché des critiques acerbes de la part de nombreux pays, mettant en évidence l’urgence d’une action immédiate pour mettre fin à la violence dévastatrice de l’entité sioniste à Ghaza.
En ce sens, l’ambassadeur palestinien à l’ONU, Riyad Mansour, a fustigé, mardi un veto «irresponsable et dangereux» des Etats-Unis au projet de résolution au Conseil de sécurité, soumis par l’Algérie, dénonçant le «bouclier» fourni par les Américains à l’entité sioniste et exigeant un cessez-le-feu «immédiat» dans la bande de Ghaza.

L’échec du Conseil de sécurité

Pour le mouvement de résistance palestinien «Hamas», le veto américain est un «feu vert» à l’entité sioniste pour perpétrer davantage de «massacres».
«La position américaine est un feu vert à l’occupation (sioniste) pour commettre plus de massacres (…) Cela ne fera qu’accroître la souffrance de notre peuple», a indiqué le Hamas dans un communiqué.
De son côté, le ministère saoudien des Affaires étrangères a souligné qu’il était plus que jamais nécessaire de réformer le Conseil de sécurité, pour qu’il s’acquitte de ses responsabilités en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales avec crédibilité et sans deux poids, deux mesures.
Le Royaume a mis en garde contre la détérioration de la situation humanitaire dans la bande de Ghaza et ses environs, ainsi que contre l’escalade des opérations militaires qui menacent la paix et la sécurité internationales et ne servent aucun effort appelant au dialogue et à une solution pacifique à la question palestinienne conformément aux résolutions internationales pertinentes.
Par ailleurs, le secrétaire général de la Ligue des États arabes, Ahmed Aboul Gheit, a dénoncé l’usage par les États-Unis de leur droit de veto, exprimant son profond regret que ce soit la troisième fois depuis le début de la crise que les États-Unis interviennent pour contrecarrer un projet de résolution visant à un cessez-le-feu, ce qui indique clairement leur responsabilité politique et morale dans la poursuite de l’agression israélienne contre la bande de Ghaza.
Il a déclaré que les positions américaines réduisent la crédibilité du système international et renforcent l’état de paralysie dont témoigne l’ONU, qui fournit une couverture politique à Israël pour poursuivre son agression, à la lumière de l’incapacité internationale à mettre fin aux crimes odieux commis chaque jour contre les Palestiniens.
La Chine a vivement critiqué le «veto» américain, estimant qu’il «rendrait la situation plus dangereuse». La porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a déclaré lors d’une conférence de presse que « les États-Unis étaient encore une fois seuls à imposer leur veto, rendant la situation à Ghaza plus dangereuse ».
« La situation humanitaire à Ghaza est devenue très dangereuse, tandis que la sécurité et la stabilité régionales ont été gravement affectées (…) Le Conseil de sécurité doit agir le plus rapidement possible pour mettre fin aux hostilités. Il s’agit d’un devoir moral qui ne peut être reporté», a-t-elle souligné.

Des regrets, que des regrets

En outre, l’Organisation de la coopération islamique a exprimé ses profonds regrets face à l’échec du Conseil de sécurité de l’ONU à adopter le projet de résolution algérien. Elle a également exprimé son profond regret pour le veto des États-Unis contre le projet de résolution, soulignant que cela reflète négativement le rôle du Conseil de sécurité dans le maintien de la paix et de la sécurité internationale, la protection des civils et l’acheminement de l’aide humanitaire vers la bande de Ghaza.
L’organisation a renouvelé son appel à la communauté internationale, en particulier au Conseil de sécurité de l’ONU, à assumer ses responsabilités et à prendre des mesures urgentes pour mettre fin au crime de génocide contre le peuple palestinien dans la bande de Ghaza.
Le porte-parole officiel du ministère jordanien des affaires étrangères, Sufyan Al-Qudah, a déclaré que « l’incapacité du Conseil de sécurité, pour la troisième fois, à adopter une résolution visant à mettre fin à la guerre qui fait rage à Ghaza reflète l’incapacité internationale à mettre fin à la catastrophe humanitaire résultant de la guerre ». Il a souligné la nécessité pour la communauté internationale d’« assumer ses responsabilités, en particulier le Conseil de sécurité, et d’adopter une résolution pour mettre fin à la guerre à Ghaza, qui a coûté la vie à plus de 29 000 innocents, dont la plupart sont des femmes et des enfants ».
Synthèse R.N

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