On se voyait trop beau : Les Verts balayés par Messi

Si on avait su comment Petkovic comptait jouer, on aurait mieux fait d’aller dormir. L’équipe nationale a débuté son Mondial 2026 par une défaite nette face à l’Argentine (0-3), championne du monde en titre, sans jamais donner l’impression d’avoir eu un plan pour exister.

Depuis le début du tournoi, plusieurs outsiders ont pourtant bousculé la hiérarchie : le Cap-Vert a accroché l’Espagne (0-0), l’Égypte a tenu tête à la Belgique (1-1), le Qatar a arraché un nul face à la Suisse (1-1). De quoi nourrir l’idée d’un exploit algérien possible, à condition d’intensité, de rigueur et d’un bloc solide.
Sur le terrain, la réalité a été toute autre. L’Albiceleste s’est installée dans un 4-4-2 classique, portée par le duo Messi–Lautaro Martínez, tandis que les choix de Petkovic ont immédiatement surpris : Mahrez et Amoura ont été laissés sur le banc, Bensebaïni a été titularisé sans la moindre minute en préparation, et un 4-2-3-1 trop prudent a été pensé davantage pour subir.Le match a démarré sur un rythme immédiat. Messi a pensé ouvrir le score dès la 5e minute, servi par Lautaro Martínez, mais son but a été refusé pour hors-jeu.
Dans la foulée, l’Algérie a répondu par Chaïbi en trompant Emiliano Martínez après une passe de Maza, mais l’action a été également annulée (8e).
Après ce début électrique, l’illusion d’un match équilibré a vite disparu. L’Algérie a passé l’essentiel du temps regroupée dans sa moitié de terrain, en face, l’Argentine n’a pas eu besoin de forcer.
La domination argentine s’est concrétisée à la 17e minute. Messi a déclenché une frappe puissante à l’entrée de la surface, laissant peu de chances à Luca Zidane et ouvrant le score pour l’Albiceleste.
Les Verts ont réagi timidement. À la 40e minute, Chaïbi a tenté une frappe excentrée, repoussée par Martínez. C’est la seule vraie alerte algérienne avant la pause.Au retour des vestiaires, rien n’a changé. L’Argentine a maîtrisé, a accéléré quand elle a voulu, et a doublé la mise à l’heure de jeu par Messi. Petkovic a réagi à la 64e minute avec un triple changement (Aouar, Mahrez, Amoura), sans inversion du rapport de force.
La défense argentine est restée solide, et Messi s’est offert un triplé à la 76e minute, scellant la rencontre et prenant la tête du classement des buteurs.
Défensivement, l’Algérie a sombré dans une désorganisation inquiétante. Des boulevards se sont ouverts dans l’axe, offerts presque avec politesse à la Pulga, qui n’a eu qu’à s’y engouffrer. Dans ce naufrage, Mandi a livré une prestation étonnamment fébrile pour un joueur de son expérience. Autour de lui, Bensebaïni et Bentaleb sont restés effacés, incapables d’influencer le jeu défensif.
Plus haut, Boudaoui a donné l’impression d’avoir évolué à contre-temps, dépassé dans l’intensité, on dirait un joueur en fin de carrière. En pointe, Gouiri a coché la présence, pas l’impact.
Et dans ce chaos organisé, Luca Zidane n’a jamais réussi à endosser le rôle de dernier rempart.
Il a été impliqué sur les deux premiers buts, a souffert dans ses choix de placement et dans son absence d’autorité dans les moments clés, laissant planer le doute sur sa capacité à sécuriser une défense déjà vacillante.
Les seules notes positives ont été à mettre au crédit d’Aït Nouri, dont les tentatives de percée ont apporté un minimum de projection, de Chaïbi, de loin le joueur le plus entreprenant, ainsi que de Maza, qui a essayé tant bien que mal de créer du jeu.
L’Algérie a donc démarré son Mondial par une lourde défaite à digérer, face à une équipe argentine réaliste et nettement supérieure.
Djamel Hamdan

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