Organisation de voyages clandestins: Un présumé passeur à la barre
Condamné en première instance par défaut à trois ans de prison ferme pour organisation de traversées clandestines et complicité, H.S., a comparu devant la Cour d’appel d’Oran suite à son opposition. Face à la gravité des faits, le ministère public a requis une aggravation de la peine.
L’affaire remonte au début de l’année. Agissant sur la base de renseignements, les services de sécurité ont intercepté un véhicule utilitaire à bord duquel se trouvaient plusieurs candidats à l’émigration clandestine. Le propriétaire du fourgon, H.S., a été arrêté dans la foulée et poursuivi pour avoir acheminé les harragas vers leur point de départ.
Devant les enquêteurs comme à la barre, le prévenu a nié toute implication. Reconnaissant uniquement la propriété du véhicule — un Peugeot Boxer destiné, selon ses dires, au transport de fruits et légumes —, il a affirmé l’avoir prêté à son beau-frère pour des motifs personnels qu’il n’a toutefois pas pu expliciter. « Pourquoi ne pas me confronter aux personnes arrêtées dans mon véhicule ? Je n’ai rien à cacher », a-t-il lancé au président de l’audience.
Seul hic dans cette ligne de défense : lors de l’instruction, certains passagers ont affirmé connaître le prévenu. Une déclaration que l’accusé tente de neutraliser à la barre : « Même s’ils me connaissent, aucun d’eux n’a déclaré que c’est moi qui les transportais vers le lieu d’embarquement. »
Abondant dans ce sens, l’avocat de la défense a soutenu que le seul tort de son client était d’avoir fait aveuglément confiance à son beau-frère, avant de plaider la non-culpabilité. L’affaire a été mise en délibéré, le verdict sera rendu la semaine prochaine.
Zemmouri L.
