« Paralysée, marginalisée et réduite au silence »: Attaf impitoyable avec l’ONU

Le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a dressé lundi un constat sévère sur le rôle actuel des Nations unies, lors de son intervention au débat général de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale.

Dans son discours, le chef de la diplomatie algérienne a rappelé que l’ONU s’apprête à célébrer son 80ᵉ anniversaire dans un contexte mondial marqué par une « turbulence extrême », l’accumulation des crises et des conflits, et l’absence de solutions concrètes. Il a souligné que si les chartes et engagements internationaux se multiplient, leur mise en œuvre reste rare, tandis que le fossé Nord-Sud continue de s’élargir malgré les avancées technologiques.
« Notre organisation demeure paralysée dans son action, marginalisée dans son rôle et réduite au silence », a-t-il dénoncé, pointant l’inapplication des résolutions, la remise en cause du multilatéralisme et la montée des pratiques unilatérales et protectionnistes.
Appelant les États membres à assumer pleinement leurs responsabilités, M. Attaf a exhorté à redonner vigueur au droit international et à revitaliser l’action multilatérale afin que l’ONU retrouve sa place « au cœur du système international fondé sur la primauté du droit ».
Abordant la question palestinienne, qu’il a qualifiée de « cause permanente » inscrite à l’agenda onusien, le ministre a rappelé qu’elle est soutenue par plus de 1.000 résolutions, dont près de 100 du Conseil de sécurité. Il a mis en garde contre « le plus grand danger de son histoire », évoquant l’annexion des terres, le déplacement forcé des populations et la remise en cause de la solution à deux États.
M. Attaf a dénoncé les velléités expansionnistes israéliennes, citant le projet de « Grand Israël », et a averti des menaces que ce plan fait peser sur les pays voisins, notamment le Liban, la Syrie, l’Égypte et la Jordanie.
Il a enfin réaffirmé la position constante de l’Algérie en faveur de la création d’un État palestinien indépendant dans les frontières de 1967, avec Al-Qods Echarif pour capitale, estimant qu’il s’agit de la seule issue « juste, durable et définitive » au conflit.
G. Salima

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