Pont aérien de huit avions: L’Algérie envoie d’importantes aides humanitaires en Libye

L’Algérie a décidé, sur instruction du président de la République, l’envoi en urgence d’importantes aides humanitaires à l’Etat frère de Libye, suite aux pluies torrentielles et aux inondations ayant touché plusieurs villes libyennes, a indiqué, hier, un communiqué de la Présidence de la République.
« En réponse à la demande d’aide aux régions sinistrées formulée par le président du Conseil présidentiel libyen, Mohamed Younes El-Menfi suite aux pluies torrentielles et aux inondations ayant touché plusieurs villes de l’Etat frère de Libye, l’Algérie décide, sur instruction du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, l’envoi en urgence d’importantes aides humanitaires, constituées de produits alimentaires, de matériel médical, de vêtements et de tentes via un pont aérien de huit (8) avions relevant des Forces aériennes de l’Armée nationale populaire (ANP) », lit-on dans le communiqué.
En effet, le chef du Conseil Présidentiel (CP) Mohamad Younes El-Menfi a appelé, lundi, à une « aide des pays frères et amis et les organisations internationales » et a déclaré officiellement les villes de Derna, Shahat et Al-Bayda dans l’Est de la Libye une « zone sinistrée ».
Ces aides, poursuit le communiqué de la Présidence, expriment « l’engagement de l’Algérie, Gouvernement et peuple, en faveur de la solidarité inconditionnelle sans limites avec le peuple libyen frère en vue de l’aider à surmonter cette douloureuse épreuve ».
La veille, l’Algérie avait présenté ses sincères condoléances, en exprimant sa profonde compassion au voisin de l’Est suite aux pluies torrentielles et aux inondations qui l’ont touché, tout en affichant sa pleine disposition à soutenir les Libyens et à les aider en vue d’atténuer les effets de cette catastrophe naturelle, avait indiqué un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger.
Pour rappel, et après la Grèce, la Turquie et la Bulgarie, la Libye a été frappée à son tour par la tempête Daniel. Le premier bilan faisait état de 150 morts dans les inondations qui ont dévasté une partie du pays, alors que la Croix Rouge a craint, hier, un nombre « énorme » de morts.
2.300 morts et près de 10.000 disparus
« Nous n’avons pas de chiffres définitifs » du nombre de décès, a indiqué Tamer Ramadan, membre de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), lors du point de presse régulier de l’ONU à Genève, soulignant que « le nombre de disparus est proche de 10. 000 ».
En début d’après-midi, pour la seule ville de Derna, dans l’Est du pays, un bilan d’au moins plus de 2.300 morts a été communiqué par le porte-parole des services de secours relevant du gouvernement de Tripoli internationalement reconnu. Il faut y ajouter 7.000 blessés et plus de 5.000 personnes encore disparues.
Daniel a frappé l’Est de la Libye dimanche après-midi, notamment les villes côtières du Jabal al-Akhdar mais également Benghazi où un couvre-feu a été décrété et les écoles fermées.
L’Est du pays abrite les principaux champs et terminaux pétroliers. La Compagnie nationale de Pétrole (NOC) a décrété « l’état d’alerte maximale » et « suspendu les vols » entre les sites de production où l’activité a été drastiquement réduite.
Avec une population de plus de 100.000 habitants, la ville côtière est traversée par un oued qui se déverse dans la Méditerranée et qui a débordé à cause de la tempête sur une cinquantaine de mètres de chaque côté, emportant immeubles et maisons sur son passage, selon des vidéos diffusées par les médias.
Plus tôt lundi, avant de se rendre avec ses ministres sur place, le chef de l’exécutif dans l’Est de la Libye, Oussama Hamad, a déclaré Derna « ville sinistrée ». Des centaines d’habitants y sont toujours bloqués dans des zones difficiles d’accès alors que les équipes de secours, épaulées par l’armée, tentent de leur venir en aide.
Des images tournées par les habitants des villes de l’est comme Derna, al-Bayda et de petites localités, montrent d’impressionnantes coulées de boue et des quartiers entiers sous l’eau, ainsi que des routes et bâtiments effondrés.
Un responsable du conseil municipal de Derna a qualifié la situation dans sa ville de «catastrophique», « hors de contrôle » et nécessitant une « intervention nationale et internationale», dans des déclarations à la chaîne locale Libya al-Ahrar.
Synthèse R.N
