Pour booster le développement économique: L’urgence de finaliser les lignes ferroviaires

Mahfoudh Kaoubi a insisté ce lundi sur l’importance de la logistique dans le développement économique, lors de son intervention sur les ondes de la Radio nationale. Selon lui, améliorer les infrastructures de transport, notamment le réseau ferroviaire, est essentiel pour renforcer la productivité et la compétitivité de l’économie nationale.
Invité de l’émission « L’Invité du jour » de la chaîne 3, l’analyste a souligné que le rail joue un rôle clé dans la chaîne logistique, indispensable au développement économique. Il a déploré le retard accumulé dans la réalisation des infrastructures ferroviaires et portuaires, appelant à accélérer leur mise en œuvre.
Kaoubi a mis en avant la nécessité de relier les sites d’extraction de minerais aux sites de transformation, en citant l’exemple de l’axe Tindouf – Gara Djebilet. Il a affirmé que ces lignes de chemin de fer sont cruciales pour la viabilité des projets industriels en cours. « Ces infrastructures doivent être finalisées dans les meilleurs délais et à moindre coût. Sinon, quel intérêt de produire si les produits ne peuvent être acheminés rapidement vers les centres de transformation et d’exportation ? » a-t-il averti.
Comparant la situation de l’Algérie à celle de pays développés comme la Chine et les États-Unis, Kaoubi a rappelé que ces nations ont bâti leur développement sur un réseau ferroviaire performant, tant pour le transport des marchandises que des voyageurs. Il a insisté sur le fait que le rail est un levier stratégique, après le transport maritime, pour réduire les délais et optimiser les flux logistiques.
Concernant les projets ferroviaires en cours, Kaoubi estime que l’Algérie est dans une phase de rattrapage. Il a plaidé pour une accélération des travaux afin de donner un coup de fouet au développement économique. « L’urgence est de livrer ces projets rapidement et à moindre coût pour dynamiser la logistique nationale », a-t-il déclaré.
Il a également pointé du doigt la sous-utilisation des capacités ferroviaires dans le nord du pays, affectant à la fois le transport des marchandises et des voyageurs. Selon lui, les infrastructures maritimes nécessitent également des investissements pour améliorer la performance logistique globale.
« La logistique représente entre 8% et 10% du coût des opérations d’exportation et des intrants industriels », a-t-il rappelé. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les capacités portuaires, évoquant le retard du projet du port de Cherchell, qui devait être opérationnel en 2017. Il a également souligné l’importance d’améliorer les ports de Djendjen, Oran, Annaba et Béjaia pour répondre aux ambitions économiques du pays.
Mahfoudh Kaoubi a aussi insisté sur le lien entre logistique et transformation numérique. Il a appelé à accélérer la digitalisation des services pour moderniser la gestion des infrastructures et des flux logistiques. « La numérisation est un passage obligé pour améliorer la performance économique », a-t-il affirmé, ajoutant que le Data Center en construction, actuellement achevé à 70%, doit être finalisé rapidement.
Il a également plaidé pour une réforme administrative afin de simplifier les procédures et encourager les investissements. « Le temps économique n’est pas le même que le temps administratif », a-t-il souligné, appelant l’État à adopter une approche plus réactive pour accompagner les projets stratégiques.
M. Salah
