Projet SoutH2 Corridor: Quand la position de l’Algérie se renforce

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a accordé avant-hier jeudi, une audience collective aux ministres de l’Énergie des pays partenaires du projet SoutH2 Corridor, à savoir la Tunisie, l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche. Cette rencontre a permis d’exprimer un appui politique fort à cette future infrastructure énergétique destinée à acheminer l’hydrogène propre depuis l’Afrique du Nord vers le continent européen.
À l’issue de cet entretien, le ministre tunisien de l’Équipement et de l’Habitat, chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Slah Zouari, a qualifié l’initiative d’infrastructure stratégique pour l’énergie propre. Il a souligné la nature multilatérale de cette démarche en déclarant : « Nous avons eu une rencontre avec Monsieur le président de la République concernant un projet stratégique dans le domaine de l’énergie propre, qui incarne une coopération commune entre la Tunisie et l’Algérie, aux côtés de l’Autriche, de l’Italie et de l’Allemagne ». Slah Zouari a précisé que l’ensemble des études menées jusqu’ici « confirment l’importance de ce projet » et a indiqué que les travaux de la deuxième réunion ministérielle ont débouché sur un accord pour « convenir de la réalisation d’études complémentaires, afin de passer, dans un avenir proche, à l’annonce des modalités de réalisation de ce projet », étape préalable au lancement concret du tracé reliant les deux rives de la Méditerranée.
De son côté, le ministre italien de l’Environnement et de la Sécurité énergétique, Gilberto Pichetto Fratin, a mis en avant le rôle moteur du chef de l’État algérien dans la concrétisation de ce couloir énergétique. « J’ai eu l’honneur de rencontrer le président de la République, qui nous a reçus chaleureusement et qui a réaffirmé son soutien à ce grand projet réunissant l’Algérie, la Tunisie, l’Italie, l’Allemagne et l’Autriche et portant sur la production et l’exportation d’hydrogène vers nos pays », a-t-il affirmé. Le représentant italien a conclu en rappelant que cette coopération transfrontalière ambitionne de « créer toutes les conditions à même d’assurer un avenir meilleur, non seulement sur le plan énergétique, mais aussi pour le bien-être de nos citoyens ».
Le secrétaire d’Etat au ministère fédéral allemand des Affaires économiques et de l’Energie, M. Frank Wetzel, a estimé, quant à lui, que le projet SoutH2 Corridor devra « rapprocher davantage » les cinq pays partenaires.
« Nous avons constaté l’existence d’un large terrain d’entente et nous considérons tous que le projet SoutH2 Corridor constitue une formidable opportunité, qui rapprochera davantage nos pays, d’autant que ses principaux fondements sont déjà en place ».
« Nous ne devons pas perdre de temps, car l’industrie en Europe, notamment en Allemagne et en Autriche, a besoin d’approvisionnements en hydrogène dans le cadre de la transformation industrielle, afin de garantir des investissements suffisants pour préserver notre solide base industrielle », a ajouté le responsable allemand.
Par ailleurs, ce même responsable allemand s’est félicité de l’intérêt que porte l’Algérie, aux côtés de la Tunisie, à cette « coopération étroite », laquelle, a-t-il dit, « offre d’immenses potentialités dans le domaine de l’énergie, dont nous pourrons tirer un bénéfice mutuel afin de consolider davantage les liens entre nos pays à l’avenir ».
Enfin, M. Wetzel a conclu sa déclaration en soulignant l’importance de « poursuivre le développement de ce partenariat en amorçant les étapes suivantes».

« L’Algérie, un partenaire solide »

Pour ce qui est de l’Autriche, Le ministre fédéral de l’Economie, de l’Energie et du Tourisme de la République d’Autriche, M. Wolfgang Hattmannsdorfer, a affirmé, pour sa part, que l’Algérie représente un « partenaire solide » pour son pays, estimant que le projet SoutH2 Corridor est de nature à rapprocher cinq pays face aux mutations géoéconomiques que connaît le monde.
M. Hattmannsdorfer a ainsi dit : « J’ai eu l’immense honneur d’être reçu par le président de la République algérienne dont j’ai pu percevoir l’ambition et la vision pour ce pays ».
« Le SoutH2 Corridor est bien plus qu’un réseau de pipelines énergétiques, c’est un projet qui rapproche cinq pays, particulièrement dans le contexte des mutations géopolitiques et géoéconomiques auxquelles nous assistons aujourd’hui, où nous devons déterminer qui sont nos amis fiables et nos partenaires sur lesquels nous pouvons compter », a-t-il ajouté.
Le ministre autrichien a souligné que son pays « croit fermement que l’Algérie est un partenaire solide ». « Nous voulons sécuriser les approvisionnements en hydrogène pour notre industrie, et si nous voulons maintenir l’industrie en Autriche, en Allemagne et en Italie, cela ne pourra se faire qu’à travers une relation étroite avec l’Algérie et la Tunisie, en travaillant ensemble à la réalisation de ce projet d’hydrogène », a-t-il soutenu.
Et de souligner, par ailleurs, que ce projet « offre à l’industrie et à l’économie autrichiennes de grandes possibilités d’investissement direct en Algérie, ainsi que d’importantes opportunités, notamment dans le domaine des énergies renouvelables, où nous possédons un leadership technologique nous permettant de mener des activités fructueuses qui contribueront à la préservation des emplois et au renforcement de la prospérité en Algérie, en Autriche et dans les autres pays partenaires ».
Feriel T.

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