Résolution appelant à la « libération immédiate » de Sansal: Les députés de LFI votent contre
Les députés de La France insoumise ont rejeté ce mardi 6 mai une résolution symbolique de l’Assemblée nationale appelant à la libération immédiate de l’écrivain franco-algérien, Boualem Sansal, condamné par la justice pour « atteinte à l’unité nationale », « outrage à corps constitué » et « détention de publications menaçant la sécurité du pays » et emprisonné en Algérie. Le texte, sans valeur contraignante, a été voté à 307 voix pour, contre 28.
Malgré que le vote de LFI a suscité de vives réactions dans le camp de la droite, de l’extrême-droite et des socialistes sionistes, le député LFI, Éric Coquerel, a justifié ce vote à la tribune en dénonçant « l’instrumentalisation » de Sansal dans une logique de confrontation avec Alger. « On n’obtient rien avec le chantage », a-t-il déclaré, salué par son groupe.
Dans un communiqué, La France Insoumise accuse en effet le texte de remettre « en cause la poursuite de tout partenariat entre l’Algérie, la France et l’Europe » au risque de compromettre « toute possibilité d’obtenir la libération de Boualem Sansal », et de « nourrir la surenchère médiatique et politique ».
Et le député Bastien Lachaud de rappeler sur X que « le débat posé par les macronistes n’a rien à voir avec la défense des libertés. Ils instrumentalisent cette affaire pour attiser les tensions avec l’Algérie. Pour mieux faire oublier l’échec de leur politique. Pour draguer l’extrême-droite. Démagogie ignoble.
Des millions d’Algériens, de binationaux, de Français d’origine algérienne, se sentent stigmatisés, meurtris. Ils me le disent dans ma circonscription, à Aubervilliers et Pantin. « C’est dur pour nous », «on nous pointe du doigt, matin, midi et soir », « on a peur ». Déchirant.
Nous refusons de cautionner cette manipulation. Oui à la défense des libertés. Non à l’algérophobie. Il faut en finir avec la logique de menace et d’escalade, avec les postures de paternalisme et d’ingérence néocoloniale, choisir de régler les différends par le dialogue, pour bâtir une relation de respect entre les peuples Français et Algérien qui ont tant en commun. »
T.F
