Révélations du procureur général : Tout savoir sur l’accident de Boumerdès

Trois personnes ont été placées en détention provisoire dans le cadre de l’enquête sur l’accident d’un bus de transport de voyageurs survenu le 31 juillet dernier dans la wilaya de Boumerdès, a annoncé le procureur général près la Cour de Boumerdès lors d’un point de presse. Une annonce qui vient compléter les précédentes révélations sur les circonstances de ce drame qui avait fait 28 morts et 36 blessés, dont 17 toujours hospitalisés, le 31 juillet 2026 sur la RN 24.
Ainsi, le juge d’instruction près le tribunal de Boumerdès a ordonné la mise en détention provisoire des trois mis en cause pour participation à un homicide involontaire commis lors d’un accident de la route impliquant un véhicule de transport collectif, participation à des blessures involontaires dans les mêmes circonstances, ainsi que falsification volontaire de documents ou attestations établissant des faits inexacts.
Selon le procureur général, le rapport d’expertise technique réalisé dans le cadre de l’enquête a confirmé l’existence d’enregistrements audio du chauffeur du bus, aujourd’hui décédé, évoquant le montage de freins non conformes aux normes exigées. L’un des enregistrements saisis contient une phrase dans laquelle le conducteur indiquait qu’il fallait dépanner le véhicule avec ces freins en attendant de le faire réparer le samedi suivant, une déclaration qui ouvre la voie à une investigation sur l’existence éventuelle d’une négligence ou d’un manquement dans l’entretien du véhicule, susceptible d’être en lien avec l’accident. Le bus de marque chinoise Higer a été mis en service en 2011, a précisé la même source.
Les mêmes éléments font état d’autres enregistrements dans lesquels le chauffeur aurait, avant l’accident, sollicité l’obtention de substances stupéfiantes dont quatre comprimés de prégabaline (saroukh). D’autres enregistrements antérieurs font allusion à de la cocaïne et d’autres hallucinogènes. Cette piste recoupe les précédentes conclusions de l’enquête, qui avaient déjà révélé la présence de substances psychotropes dans l’organisme du conducteur ainsi que la découverte de deux comprimés sur lui.
Le procureur général a également fait état de l’état physique du chauffeur qui venait d’enchaîner deux voyages puisque il était arrivé chez lui à minuit à El Eulma, venant de Jijel, avant de reprendre la route vers Boumerdes, le même jour, à 5 h du matin.
Concernant l’état de la route évitement empruntée par le bus, le procureur général a indiqué que cet axe était entré en service après sa réhabilitation le 28 août 2025, et qu’il ne présentait ni nid-de-poule, ni fissure, ni trace d’huile, tout en étant équipé de ralentisseurs. La route dispose également d’un panneau limitant la vitesse à 60 km/h ainsi que d’un second panneau avertissant des virages.
L’expertise technique des services de la Gendarmerie nationale a par ailleurs établi que la vitesse du bus au moment de l’accident dépassait 121 km/h, confirmant les premières conclusions déjà communiquées par le parquet.
T. Feriel
