Rumeurs sur la pastèque : Les mises en garde de l’Intérieur

Le ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports a mis en garde certaines associations de consommateurs, les menaçant d’un gel pur et simple de leur activité en vertu de l’article 40 de la loi n° 12-06 du 12 janvier 2012 relative aux associations, dans le sillage de la polémique sur la pastèque.
Dans un communiqué rendu public hier, le ministère a jugé que la prise de position de certaines personnes ou associations actives dans la protection du consommateur — à l’image de l’Organisation algérienne de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement — constitue un dépassement des missions qui leur sont dévolues. Il les enjoint de se conformer aux principes et fondements propres à leur champ de compétence, et de faire remonter leurs préoccupations aux autorités habilitées plutôt que de s’exprimer sur des sujets qui ne relèvent pas de leurs attributions. Le ministère rappelle qu’il se réserve le droit de recourir aux mesures et dispositions prévues par la législation et la réglementation en vigueur contre tout contrevenant, y compris ce gel d’activité.
Cette fermeté fait suite à une vague de rumeurs relayées sur les réseaux sociaux, évoquant une impropriété à la consommation de la pastèque — des allégations que le ministère qualifie de fausses nouvelles visant à porter atteinte à l’économie nationale et à la sécurité alimentaire du pays, dans une période marquée par une dynamique ascendante de plusieurs secteurs économiques, notamment l’essor des produits agricoles nationaux sur les marchés extérieurs. Sur le terrain, la propagation de ces rumeurs a directement affecté l’activité de vente en pleine période de récolte : le président de l’Organisation nationale de protection et d’orientation du consommateur a lui-même reconnu qu’elles ont causé d’importants préjudices matériels aux agriculteurs et commerçants, entraînant la détérioration de marchandises et des pertes financières lourdes liées au recul de la confiance des consommateurs.
Cette prise de position ministérielle s’articule directement avec le rôle que revendique le Laboratoire National d’Essais (LNE) dans le dispositif national de contrôle. Sa directrice générale, Nawal Nassib, a rappelé, sur la Chaîne II de la Radio nationale, que les rapports produits par le laboratoire constituent le document officiel attestant la non-conformité d’un produit aux normes, et qu’ils servent de base aux agents du commerce et de la répression des fraudes pour établir les infractions et engager les procédures qui s’imposent. Autrement dit : dans l’architecture juridique algérienne, seul un rapport du LNE — ou d’un organisme équivalent mandaté, comme le Centre algérien de contrôle de la qualité et de l’emballage, chargé des analyses sur la pastèque — a valeur probante pour établir une non-conformité ou un risque sanitaire. Une association de consommateurs, aussi légitime soit sa vocation, n’a pas cette prérogative.
Mme Nassib a par ailleurs détaillé le champ d’intervention plus large du LNE : agents de contrôle mobilisés au niveau des ports, des sites de fabrication et de vente ; analyses couvrant les produits cosmétiques et d’hygiène corporelle, les substances toxiques, les appareils électroménagers, les appareils à gaz et de chauffage, les jouets pour enfants et fournitures scolaires, les matières premières en bois et en plastique, les ustensiles de cuisine et les matériaux de construction — plus de 90% des produits testés s’étant révélés conformes aux normes en vigueur.
M. Salah
