Sommet des non-alignés à Belgrade : Les mises en garde de Tebboune
Le retour de la force comme alternative aux solutions diplomatiques et le recul de l’efficacité du système de sécurité collective : c’est contre ces dérives que le président Abdelmadjid Tebboune a mis en garde, hier mardi, dans une allocution lue en son nom par la présidente de l’Assemblée populaire nationale, Khalida Boufedeche, à la réunion commémorative de haut niveau organisée à Belgrade.
Dénonçant la persistance d’une « logique de la force, de la sélectivité et du deux poids, deux mesures », le chef de l’État a affirmé que « la souveraineté est indivisible » et que le droit international ne saurait être appliqué de façon sélective. Une large partie de son message a par ailleurs été consacrée à la situation à Ghaza et en Cisjordanie, qu’il a qualifiée de « tragique », plaçant selon lui la communauté internationale devant « une responsabilité historique qui ne souffre aucun report » face à la poursuite de l’agression israélienne et aux violations du droit international et humanitaire qui l’accompagnent.
Cette allocution intervient à l’occasion du 65e anniversaire de la première conférence constitutive du Mouvement des non-alignés, dont la rencontre commémorative se tient les 31 août et 1er septembre à Belgrade sous le thème « L’héritage historique du non-alignement : des leçons pour le monde d’aujourd’hui ». Le choix de la capitale serbe n’est pas anodin : c’est là, un 1er septembre, que le Mouvement avait vu le jour il y a très exactement 65 ans, sous l’impulsion de dirigeants tels que Josip Broz Tito, Kwame Nkrumah, Jawaharlal Nehru, Gamal Abdel Nasser et Sukarno. Khalida Boufedeche, qui représentait l’Algérie sur instruction du président Tebboune aux côtés du secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Lounès Magramane, a été reçue par le président serbe Aleksandar Vučić, lequel a exprimé le souhait de se rendre en Algérie.
Dans son allocution, le président de la République a présenté le non-alignement non pas comme « une position du passé ni un rêve diplomatique passager », mais comme « un choix souverain renouvelé », appelant les États membres – un mouvement qui en compte plus de 120 – à agir « comme un bloc unique et uni » pour peser davantage face aux transformations rapides du système international.
Il a également rappelé le rôle historique de l’Algérie dans le soutien aux mouvements de libération en Afrique, en Asie et en Amérique latine, citant l’initiative portée par le président Houari Boumediène lors du sommet des pays non-alignés organisé à Alger en 1973 en faveur d’un nouvel ordre économique mondial, avant de plaider pour un renforcement de l’intégration et de la concertation entre les pays membres.
T. Feriel
