Staffan de Mistura à Alger: L’ONU reste saisie du dossier du Sahara

La visite en Algérie de Staffan de Mistura, envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, a remis au premier plan la question sahraouie, à quelques mois de son examen par le Conseil de sécurité.

Le responsable onusien poursuit une série de consultations avec les différentes parties concernées afin de préparer son prochain rapport.
Après s’être rendu dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf les 7 et 8 juin, le diplomate a été reçu à Alger le 15 juin par le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, qui a réaffirmé le soutien de l’Algérie aux efforts du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et de son envoyé personnel, soulignant l’importance de s’engager dans des négociations sans conditions préalables, et la nécessité de réunir les conditions optimales pour que les négociations directes entre le Royaume du Maroc et le Front Polisario aboutissent à une solution juste, durable et définitive.
Invité de la Chaîne 3, le président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui, Saïd Ayachi, a souligné que cette tournée s’inscrit dans le suivi régulier du dossier par les Nations unies. « La présence de M. de Mistura nous rassure par le fait que l’ONU reste saisie du dossier », a-t-il déclaré, rappelant que l’organisation internationale demeure le cadre légitime pour le traitement de cette question.
Selon lui, la position de l’Algérie reste constante et repose sur le respect du droit international et des résolutions onusiennes relatives à la décolonisation. Il a rappelé que le Sahara occidental figure depuis 1963 sur la liste des territoires non autonomes de l’ONU et que le principe de l’autodétermination du peuple sahraoui est consacré par les textes internationaux.
Ayachi a insisté sur l’importance du plan de règlement de 1991 conclu entre le Front Polisario et le Maroc sous l’égide de l’ONU, qui prévoyait l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Il a évoqué le rôle de la Minurso, créée pour accompagner ce processus, ainsi que les débats ayant précédé l’adoption de la résolution 2797 du Conseil de sécurité, qui réaffirme le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
Le responsable a également rappelé que la Quatrième Commission de l’Assemblée générale et le Comité spécial de la décolonisation (Comité des 24) considèrent toujours le Sahara occidental comme une question de décolonisation. Concernant les propositions d’autonomie, il a estimé qu’aucune solution ne saurait être imposée sans consultation préalable des Sahraouis : « Il faut que le peuple sahraoui se prononce, on ne peut pas lui imposer quelque chose. »
Sur le plan économique, Ayachi a mis en avant l’importance des ressources naturelles, rappelant les différends entre le Maroc et certaines institutions européennes sur l’exploitation des produits issus du Sahara occidental. Plusieurs décisions de justice internationales ont souligné la nécessité de distinguer ce territoire du Maroc dans les accords commerciaux.
G. Salima

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