Stratégie nationale de souveraineté alimentaire : L’agriculture et la pêche au cœur de la PLF 2026

Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Yacine El-Mahdi Oualid, a présenté devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale les grandes lignes du programme agricole et halieutique prévu dans le cadre du projet de loi de finances 2026.
À travers une stratégie articulée autour de la modernisation, de l’intensification de la production et du soutien aux filières stratégiques, le secteur ambitionne de renforcer la sécurité alimentaire du pays et de réduire sa dépendance aux importations.
Lors de cette audition, le ministre a souligné que l’année 2026 verra la poursuite de la concrétisation de la vision prospective du secteur, avec des investissements massifs dans les cultures stratégiques, les infrastructures de stockage, la mécanisation agricole et le développement de la pêche et de l’aquaculture.
Le portefeuille du secteur bénéficie d’une autorisation d’engagement de plus de 764 milliards de dinars, dont près de 90 % sont consacrés à l’agriculture et au développement rural. Les crédits de paiement atteignent 886 milliards de dinars, destinés à financer des projets structurants, notamment dans les domaines de l’irrigation, de la formation technique, de l’encadrement des agriculteurs et de la régulation des revenus agricoles.
Parmi les priorités annoncées figurent le soutien aux intrants agricoles tels que les semences et les engrais, l’intensification de la production de produits de base comme la pomme de terre, la tomate industrielle, l’ail et l’oignon, ainsi que le développement de filières industrielles comme le colza et le maïs. Le ministère prévoit également de prendre en charge les intérêts des prêts accordés aux agriculteurs, afin de faciliter l’accès au financement.
Dans une logique de souveraineté alimentaire, le ministre a insisté sur la nécessité de réduire la dépendance aux importations de céréales et de légumineuses sèches, en misant sur l’extension des superficies irriguées et la généralisation des systèmes d’irrigation économes en eau. Le développement des cultures stratégiques dans le Sud, notamment par le désenclavement des exploitations et leur raccordement aux réseaux électriques, constitue également un axe majeur de la stratégie.
Le plan d’investissement pour 2026 inclut la construction de cinq silos de stockage de céréales d’une capacité totale de cinq millions de quintaux, ainsi que dix centres de stockage de poudre de lait. Le ministère prévoit aussi de régulariser les paiements liés à la réalisation de 30 silos supplémentaires et de 350 centres de stockage intermédiaire répartis sur 52 wilayas.
Le projet de réhabilitation et d’extension du barrage vert bénéficiera d’une enveloppe de 12 milliards de dinars, couvrant 13 wilayas. En parallèle, le programme de lutte contre les incendies de forêt sera renforcé par l’acquisition de camions-citernes, véhicules légers, kits de lutte et équipements de surveillance, pour un montant global de plus d’un milliard de dinars.
Dans le Grand Sud, le ministère prévoit le raccordement de plusieurs mégaprojets agricoles aux réseaux d’électricité et de gaz, notamment ceux portés par Baladna, BF et Cevital. Des opérations similaires sont prévues pour 14 wilayas stratégiques, avec des investissements dans les infrastructures agricoles et les pistes d’accès.
Le secteur de la pêche et de l’aquaculture bénéficiera quant à lui d’un programme de recensement et de modernisation, avec une enveloppe dédiée à la numérisation et à l’acquisition de simulateurs de formation pour les écoles spécialisées.
Enfin, le ministre a salué les conclusions de la Conférence nationale sur la modernisation de l’agriculture, tenue les 27 et 28 octobre derniers, qui a abouti à 300 recommandations visant à faire de l’agriculture un levier économique fondé sur la technologie et la numérisation. Il a conclu en affirmant que le secteur avance avec détermination, porté par une vision claire et inclusive, élaborée en concertation avec les acteurs institutionnels et les experts du domaine.
T. Feriel

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