Une filière en difficulté: L’Etat au chevet du café

La ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdellatif, a réuni samedi dernier les représentants des cafetiers et des torréfacteurs affiliés à l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA). Cette rencontre visait à écouter les préoccupations des professionnels et à ouvrir un dialogue constructif pour trouver des solutions durables à une filière fragilisée.
Le secteur du café connaît depuis plusieurs années des problèmes structurels qui menacent sa rentabilité et sa stabilité. Les prix internationaux du café vert fluctuent fortement, impactant directement les coûts de production. Les charges fiscales et sociales sont jugées trop lourdes pour les petites structures, tandis que la concurrence déloyale et l’absence de régulation favorisent la circulation de produits de qualité inégale. À cela s’ajoute une dépendance aux importations, qui rend la filière vulnérable aux variations du taux de change, ainsi que des conditions professionnelles précaires freinant l’investissement et la pérennité des exploitants.
Face à ces difficultés, les participants ont proposé la création d’ateliers sectoriels spécialisés pour analyser les problématiques du terrain et formuler des propositions concrètes. La ministre a insisté sur une approche pragmatique, visant à améliorer les conditions d’exercice et à instaurer un environnement stable pour les opérateurs.
Cette démarche s’inscrit dans une vision globale de régulation du marché national, qui cherche à concilier les intérêts des professionnels et la protection du consommateur. L’amélioration des conditions de travail devrait, selon le ministère, se traduire par une meilleure qualité des services et une plus grande stabilité sociale.
Au‑delà des aspects techniques, la filière café illustre les tensions plus larges du marché algérien : comment soutenir les professionnels tout en préservant le pouvoir d’achat des citoyens ? La réunion a montré que la régulation ne peut se limiter à des textes, mais doit s’appuyer sur une concertation permanente et sur des mécanismes de suivi efficaces.
M. Salah
