Apiculture en Algérie : Plus de reines et d’essaims pour développer les cheptels

Malgré les défis, comme la sécheresse et l’utilisation de pesticides, des apiculteurs basés à Oran font preuve de résilience face à la menace d’extinction des abeilles. Cette menace est principalement liée aux pratiques agricoles intensives, à l’utilisation de pesticides et au changement climatique.
C’est le cas de Hocine, un passionné d’abeilles, qui exploite une ferme de ruchers dans une zone forestière tout près du littoral située entre El Ançor et Cap Blanc. Cet apiculteur témoigne d’une résistance notable face aux menaces d’effondrement des colonies d’abeilles. Pour lui, « la préservation des abeilles est cruciale pour la biodiversité et la sécurité alimentaire ».
Des initiatives locales et des associations d’apiculteurs contribuent à promouvoir et développer l’activité apicole qui est en plein développement à Oran, soutenue par des initiatives locales et des associations comme celle des apiculteurs professionnels (ANAP). C’est également le cas de l’association apicole ProfAgri d’Oran basée à Misserghine ou encore de la fédération de wilaya qui compte une quinzaine d’associations d’apiculteurs activant dans des espaces boisés répartis à travers le territoire de la wilaya. « Malgré les nombreux problèmes auxquels nous faisons face, nous avons développé une grande résilience. Notre ambition est de préserver et surtout de développer la filière apicole », affirme Hocine.
Ce secteur bénéficie d’un intérêt croissant, avec une augmentation du nombre d’apiculteurs et un effort pour structurer la filière. Cependant, « des défis persistent, notamment la qualité hétérogène des miels et l’impact de maladies comme le varroa », explique Mme. Chelabi, chercheuse en sciences agronomiques.
« Les abeilles sont non seulement indispensables à la production nationale de miel et d’autres produits de l’apiculture, mais aussi à la pollinisation et donc à l’agriculture. L’urgence est de développer la filière apicole et répondre aux enjeux soulevés par les mortalités importantes d’abeilles enregistrées », indique Mme Chelabi. Cette dernière plaide pour «la mise en place d’un plan de développement durable de l’apiculture qui fait face à de nombreux défis, dont celui de la sécheresse et des traitements chimiques utilisés en agriculture». Elle explique que « les apiculteurs ont plus que jamais besoin de formations en agroenvironnement, l’objectif étant d’acquérir et d’échanger des connaissances. L’ambition de la filière est d’avoir un plan pour le développement durable. Ce plan permettra également à développer le cheptel apicole dans un contexte de fragilité généralisée des colonies d’abeilles ». Agressions chimiques, parasites, infections, insuffisance de ressources alimentaires, frelon… il est désormais établi qu’il n’y a pas une cause unique de mortalité des abeilles.
« Le plan de développement durable de l’apiculture doit répondre à ces enjeux, qui sont à la fois économiques, écologiques, de développement rural et de santé publique. Pour cela, ce sont tous les aspects de la filière apicole qui doivent être pris en compte », poursuit cette chercheuse. Et de conclure en proposant d’«augmenter le nombre de colonies d’abeilles qui est indispensable pour la pollinisation des cultures et des vergers et pour assurer la biodiversité végétale. Il faut plus d’élevages de reines et d’essaims pour maintenir et développer les cheptels sans devoir importer des colonies mal adaptées à nos régions. Pour relancer la production, il faut professionnaliser la filière et installer des jeunes apiculteurs et donc créer des formations initiales et continues au métier de l’apiculture ».
G. Salima
