En raison des prix concurrentiels: Le marché parallèle des fruits continue de séduire à Belgaïd

Tous les soirs, entre 20h et 21h, une voiture se gare discrètement près d’un trottoir de Belgaïd, son coffre rempli de sachets d’oranges à 200 DA et de pommes à 150 DA. En quelques minutes, la marchandise disparaît, achetée par des consommateurs attirés par ces prix bien moins élevés que ceux pratiqués dans les marchés formels.
Dans les marchés classiques, ces mêmes fruits sont vendus à des tarifs nettement plus élevés : les oranges avoisinent souvent 280 à 300 DA le kilogramme tandis que les pommes, selon leur variété, oscillent entre 220 à 250 DA le kilo. Ce décalage tarifaire pousse de nombreux habitants de Belgaïd et des passants à privilégier ces vendeurs improvisés, malgré l’absence de garanties sur la qualité ou la provenance des produits. «Franchement, à ce prix-là, je préfère prendre un sachet ici que de payer 30% de plus au marché», confie Samir, un habitant du quartier.
Ces ventes nocturnes soulèvent néanmoins des questions. D’où viennent ces fruits ? Les autorités sanitaires n’ont aucune visibilité sur les conditions de stockage ou de transport, et les clients, bien que conscients des risques, ferment souvent les yeux face à la différence de prix.
Un commerçant de fruits et légumes du marché de Belgaïd déclare en s’agaçant : «Nous, on paie nos charges pour garantir des produits frais et contrôlés. Mais ces vendeurs informels cassent nos prix en violation de toute réglementation. C’est de la concurrence déloyale».
Ce phénomène n’est pas nouveau. Avec l’inflation galopante et la baisse du pouvoir d’achat, le marché parallèle connaît un essor fulgurant depuis plusieurs années. Pour de nombreux vendeurs informels, il s’agit d’un moyen de subsistance face à un chômage élevé et à des difficultés à ouvrir un magasin en raison de charges insoutenables.
En revanche, les autorités locales semblent dépassées. «Nous intensifions les contrôles, mais ces vendeurs se déplacent constamment. C’est un défi quotidien», explique un responsable.
Pour les consommateurs, la tentation est grande mais elle n’est pas sans conséquences. L’absence de traçabilité des produits peut représenter un danger pour la santé, en particulier si les fruits ont été exposés à des conditions insalubres.
En attendant, le marché parallèle reste une alternative pour les budgets serrés, mais soulève des questions sur l’équité et la sécurité alimentaire dans les villes comme Oran. Les autorités devront trouver un équilibre entre soutien aux commerçants légaux et régulation de cette économie informelle qui ne cesse de croître.
O.A Nadir
