14.000 DA le gramme : Flambée record des prix de l’or

Alors que l’été rime avec la saison des mariages, les familles oranaises ont constaté que les prix de l’or ont subi une flambée record. Les cours du métal précieux n’ont jamais été aussi élevés, atteignant allègrement les 14.000 dinars le gramme d’or de 24 carats. Et ça pourrait bien continuer.
En faisant le tour des bijoutiers à M’dina J’dida, lieu mythique qui s’impose comme une véritable bourse aurifère à Oran, nous croisons Nihad, une jeune femme venue avec sa mère pour acheter un bijou. «Les prix sont chers, mais je dois acheter un collier. Nous avons programmé la cérémonie des noces le 2 septembre», confie la jeune femme. «Il y a eu une hausse de près de 160% en dix ans. En 2014, le gramme d’or local de 24 carats était de 5.000 dinars», se rappelle Mohamed, bijoutier de père en fils. «L’or a augmenté d’environ 13% depuis le début de cette année», ajoute-t-il.
Comment les bijoutiers fixent le prix de l’or ? «Les prix de l’or en Algérie dépendent des prix en cours sur le marché international», répond Mohamed. Le marché de l’or à l’échelle internationale fonctionne selon la loi de l’offre et de la demande. Il est néanmoins encadré et sécurisé par des grandes banques et acteurs majeurs du secteur aurifère. Au quotidien, c’est «La London Bullion Market Association» (LBMA), l’association commerciale internationale qui fixe son prix en suivant les indicateurs relayés par les banques internationales adhérentes deux fois par jour. Le cours du métal jaune, exprimé en once d’or, peut augmenter ou chuter en fonction des contextes. La LBMA se définit comme «l’autorité mondiale sur les métaux précieux». Elle compte environ 150 entreprises membres dans le monde, dont des négociants, des raffineurs, des producteurs, des mineurs, des fabricants, ainsi que des fournisseurs de services de stockage et de transport sécurisé. Sur le marché international, le métal précieux a atteint, ces dernières semaines, des niveaux dépassant facilement les 2.000 dollars l’once. Une once d’or, équivalant à 31,1 grammes, s’échange actuellement à un record de 2.344,17 dollars.

De moins en moins de bijoutiers en activité

Mohamed conseille les ménages d’investir dans l’achat de l’or dit «la casse» ou «d’occasion», c’est-à-dire déjà utilisé. «C’est une valeur sûre», assure-t-il. «Oran compte 247 artisans versés dans la fabrication des bijoux immatriculés à la Chambre des artisans, sachant que leur nombre était de 400, il y a quelques années», affirme Ferhat Boukhari, président du club des artisans bijoutiers d’Oran, une association créée il y a cinq ans pour défendre la corporation. A Oran, les artisans ont développé leurs compétences en maîtrisant des techniques nouvelles de coupe au laser et d’impression 3D, ainsi que la technique en filigrane et de moulage. «L’artisan bijoutier n’est plus capable de verser 31% de taxes dont 19% sur la quantité produite et 12% aux importations», fait savoir Farid, le frère de Mohamed, estimant que «la taxe sur la matière première est raisonnable». Toutefois, ce bijoutier trouve que «ce n’est pas logique de l’appliquer aussi à la matière récupérée». Les artisans bijoutiers que nous avons interrogés souhaitent «la création d’un laboratoire d’épuration de l’or récupéré». «Il faut faire très attention à ne pas acheter de l’or n’importe où. Le mélange de l’or avec du cuivre, du fer et d’autres matières comme le silicone dans des bijoux exposés à la vente, est une pratique frauduleuse courante», met en garde Farid.
«Les clients attirés par des bijoux savamment présentés dans les devantures des bijouteries, découvrent après coup que le métal est parfois loin d’être précieux. Malgré toutes les mesures prises et les encouragements de l’État pour aider les professionnels du secteur à surmonter les difficultés, les dépassements augmentent et le secteur de l’or se trouve parfois impuissant devant ce fléau qui ne cesse de progresser» fait encore savoir Farid. «L’État accentue les efforts pour lutter contre le trafic de l’or, la contrebande et les pratiques de fraude enregistrées dans ce domaine, avec l’augmentation des quantités d’or importées», assure ce bijoutier pour qui «le poinçon de conformité reste l’unique garant de la qualité des produits, de la protection du consommateur et de l’économie nationale».
G. Salima

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