Nouvelle crise entre Alger et Paris: Retailleau en mission
Alors qu’Emmanuel Macron brille par son effacement explicable par le fait qu’il n’a aucun avenir politique, Bruno Retailleau, coopté par l’extrême droite dure pour « être le futur président français », fait monter la surenchère en tentant de torpiller un fragile processus d’apaisement entre l’Algérie et la France.
Depuis l’appel téléphonique du 31 mars 2025 entre les deux chefs d’Etat, suivi de la visite à Alger du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot le 6 avril dernier, les relations bilatérales semblaient s’engager sur une voie de décrispation. Un accord avait même été évoqué pour relancer les coopérations suspendues depuis huit mois, notamment sur les dossiers migratoires et économiques. Cependant, cette fragile dynamique a été brutalement interrompue par l’arrestation, le 11 avril, d’un agent du consulat d’Algérie à Créteil, impliqué selon la justice française dans une fausse affaire d’enlèvement, qui remonte à 2024, de Amir Boukhors, alias AmirDZ, condamné en Algérie pour des faits de terrorisme et d’escroquerie, et protégé par la France. Pour rappel, le tribunal criminel de Dar El Beida l’a condamné, en mai 2023, par contumace, à 20 ans de prison ferme avec confirmation du mandat d’arrêt international émis à son encontre pour notamment pour mise en place et adhésion à une organisation terroriste, avec propagation d’idées d’une organisation terroriste via les technologies de l’information et de la communication et de publications attentatoires à l’intérêt national.
En réaction, Alger a annoncé, ce lundi 14 avril, l’expulsion de 12 agents français de son territoire sous 48 heures, tous rattachés à la Place Beauvau dont six policiers et quatre gendarmes, rattachés à la Direction de la coopération internationale de sécurité (DCIS) et deux autres agents qui font partie du contre-espionnage français. A ce propos, le secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé de la Communauté nationale à l’étranger, Sofiane Chaib, a révélé, hier dans un entretien diffusé sur la chaine de la Télévision algérienne, que les 12 agents consulaires français, ne relèvent pas d’une instance diplomatique, comme cela a été rapporté par la presse hexagonale.
Le communiqué des AE algériennes, du 14 avril, a accusé explicitement Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur français, de porter « la responsabilité entière » de cette escalade, l’accusant de «barbouzeries » motivées par des « fins purement personnelles ». Plusieurs sources, y compris en France, ont pointé son rôle controversé. Ainsi, le député Éric Coquerel (LFI) a affirmé à juste titre que cette arrestation, intervenant en pleine phase de réconciliation, est une manœuvre délibérée pour «saboter le processus d’apaisement ». Le timing choisi par Retailleau n’est, en effet, pas fortuit. Ses services du ministère de l’Intérieur, connus pour leur haine envers l’Algérie, exploitent une affaire judiciaire vieille d’un an pour relancer les tensions.
Pour le gouvernement algérien, cette arrestation symbolise une « violation flagrante des conventions internationales » et une provocation orchestrée par Retailleau, décrit comme un « fossoyeur des relations franco-algériennes ». De son côté, Paris agite comme toujours le prétexte de «l’indépendance de la justice » qui ne convainc plus personne. Jean-Noël Barrot a répété à qui veut bien le croire que « les procédures judiciaires n’ont rien à voir avec la relation entre deux gouvernements », tout en menaçant de « mesures similaires » si l’expulsion des diplomates français était maintenue. Emmanuel Macron a qualifié, quant à lui, la réponse algérienne de «disproportionnée » alors qu’il a oublié de répondre aux insultes directes et aux menaces sionistes après avoir annoncé son intention de reconnaître la Palestine. De son côté, Gérald Darmanin, ministre de la Justice, s’est aussi solidarisé avec son alter-égo, Bruno Retailleau.
G. Salima
