Transports en commun : Le défi du renouvellement du parc de bus

Selon des témoignages recueillis par Algérie Presse, Samir, chauffeur à l’Entreprise publique de transport urbain et suburbain d’Oran (ETO), circule chaque jour au volant d’un bus datant des années 1990 pour relier des quartiers populaires au centre-ville. Sur un parc déclaré de 64 bus urbains, seuls 20 sont réellement opérationnels : les 44 autres sont immobilisés pour pannes, vétusté ou manque d’entretien.
Ahmed, un passager régulier, confie avoir déjà attendu 45 minutes un matin pour un bus prévu à 6 h 30 : « Quand il arrive enfin, les freins grincent, l’amortissement est mort, on secoue à chaque bosse, c’est épuisant. »
Le constat est accablant : plus de 66 bus – urbains, suburbains, scolaires et universitaires – affichent plus de 30 ans d’âge et figurent dans le plan de retrait national. L’État algérien prévoit l’importation de 10 000 bus neufs ou âgés de moins de cinq ans pour renouveler le parc à l’échelle nationale, dont une part sera affectée à Oran.
Selon l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) de la wilaya d’Oran, 30 % des bus privés sont également hors service, incapables d’assurer une desserte régulière. Samir confirme à Algérie Presse qu’« un matin sur deux, il manque des bus sur ma ligne ».
L’ETO exploite officiellement 23 lignes, mais seules 6 fonctionnent à plein régime ; les 17 autres restent sous-utilisées ou irrégulières. Les conséquences pour les usagers sont lourdes. Sofiane, un travailleur interrogé par Algérie Presse, explique qu’il doit partir avant 6 h pour arriver à 7 h au bureau : « Je paye plus, je perds du temps, et le confort est quasi inexistant. On secoue, on étouffe, on attend. »
Le confort, en effet, est souvent illusoire : fenêtres bloquées, climatisation hors service, sièges déchirés, planchers fatigués, bruit mécanique permanent et fumées de diesel. La maintenance préventive est quasi absente, si bien que des bus encore réparables finissent par tomber en panne à leur tour.
Face à ce constat, les autorités ont annoncé le retrait des bus de plus de 30 ans dans un délai de six mois, puis de ceux de plus de 20 ans, et le renforcement du parc par 108 bus de fabrication locale destinés, entre autres, à Oran.
Mais Samir reste dubitatif : «Mon bus tombe en panne tous les deux jours, et on m’a dit qu’un des nouveaux bus arriverait cet été, mais je ne l’ai pas encore vu », rapporte-t-il. Sans calendrier précis et suivi transparent, la population continuera de subir retards, inconfort et mobilité réduite dans une ville en pleine expansion.
O.A Nadir
