Mines antipersonnel en Algérie : La France poursuivit par ses crimes contre l’humanité

La question des mines antipersonnel posées par l’armée coloniale française durant la guerre d’Indépendance reste un crime contre l’humanité plus que jamais d’actualité, notamment en raison des conséquences humanitaires et environnementales qui persistent encore aujourd’hui.
Pendant la guerre d’Algérie, l’armée d’occupation française a semé des mines antipersonnel pour empêcher les mouvements des Moudjahidines de l’Armée de Libération Nationale (ALN) et l’approvisionnement en armes des maquis de la résistance algérienne. Ces mines ont été enfouies le long des barrages électrifiés, comme ceux de Challe et Maurice. Une dizaine de millions de mines ont ainsi été disséminées, notamment dans les zones frontalières.
Les champs de mines antipersonnel dans l’Est et l’Ouest du pays restent un crime colonial abject qui s’ajoute à la très longue liste des crimes commis contre le peuple algérien durant la colonisation. C’est ce qui a été affirmé dans un article publié, ce samedi, sur le site internet de la Radio nationale sous le titre «Les mines françaises en Algérie…un crime contre l’humanité imprescriptible». Le texte rappelle que « plus de onze millions de mines ont été posées entre 1954 et 1962, avec un barbelé électrique de 5 000 volts, afin de fermer les frontières et d’empêcher l’approvisionnement en armes et en vivres des combattants de la Révolution de libération algérienne ». Des décennies après la fin de la guerre, ces mines continuent de faire des victimes parmi les civils, notamment dans les zones rurales et frontalières. Les accidents surviennent souvent lors d’activités agricoles ou lorsque des enfants jouent dans des zones non sécurisées.
«L’Armée nationale populaire (ANP) a réussi, entre 2002 et 2017, à détruire 2 millions de mines, dont 1,6 million mines antipersonnel et plus de 400.000 mines anti-groupes, en plus de 247 mines», souligne la même source. L’article a salué « le rôle pionnier des éléments de l’ANP dans le déminage de toutes les zones frontalières minées par l’occupant durant la Guerre de libération ».
Les mines empêchant l’utilisation de terres agricoles et perturbant les écosystèmes locaux, leur présence limite, en effet, le développement économique et social des vastes régions affectées. Les efforts de déminage ont été lents et complexes. L’Algérie a ainsi travaillé avec des organisations internationales pour localiser et neutraliser ces engins explosifs, mais le processus est coûteux et dangereux. Selon les rapports, des milliers de mines restent encore enfouies et l’Algérie continue, d’ailleurs, de collaborer avec des organisations comme le Service de l’action antimines des Nations Unies (UNMAS) pour accélérer les opérations de déminage.
Pour rappel, dans son allocution prononcée à la clôture de la séance plénière consacrée à la présentation du projet de loi relatif à la protection et à la promotion des personnes à besoins spécifiques, le président du Conseil de la Nation, Salah Goudjil, a estimé que ce que ce texte de loi, «nous rappelle les crimes commis par le colonisateur français contre le peuple algérien, notamment les conséquences de ses essais nucléaires dans le désert de notre pays, ainsi que les effets dévastateurs des mines et des explosifs qu’il a semés le long des lignes Challe et Maurice aux frontières Est et Ouest». Il a demandé à la commission compétente d’inclure dans son rapport «une recommandation appelant le Sénat à inciter le Gouvernement à accélérer le recensement des restes de ces mines et explosifs, tant les victimes humaines que les blessés, depuis l’indépendance jusqu’à aujourd’hui».
G. Salima
