12 ans après le crash du vol Air Algérie : Le procès de Swiftair s’ouvre à Paris

Près de 12 ans après le crash d’un avion affrété par Air Algérie et opéré par la compagnie espagnole Swiftair, le procès pour homicides involontaires s’est ouvert hier devant le tribunal correctionnel de Paris.

L’accident, survenu le 24 juillet 2014 dans le Sahel, avait coûté la vie à 116 personnes, dont 54 Français, 23 Burkinabés et six Algériens ainsi que des ressortissants libanais, canadiens et d’autres nationalités.
Le vol AH5017, reliant Ouagadougou (Burkina Faso) à Alger, s’était écrasé dans le nord du Mali moins d’une heure après son décollage. L’enquête avait révélé que l’appareil, un McDonnell Douglas MD-83, avait perdu le contrôle à la suite d’une accumulation de givre sur les sondes de mesure, entraînant une désorientation de l’équipage.
En pleine nuit, alors que l’aéronef traversait une zone intertropicale orageuse, la non-activation du système d’antigivrage avait conduit à la formation de cristaux de glace dans des capteurs de pression, entraînant la décélération automatique des moteurs, sans réaction appropriée de l’équipage et jusqu’au décrochage fatal.
À l’issue des investigations, les juges d’instruction français avaient estimé que « divers manquements de la part de la compagnie » avaient joué un rôle dans l’accident, en particulier une « formation lacunaire » de l’équipage qui ne lui avait « pas permis » de « réagir de manière adaptée et d’éviter l’accident ».
La compagnie Swiftair, propriétaire de l’avion, est ainsi poursuivie pour homicides involontaires. Les juges devront déterminer si des manquements dans la maintenance, la formation des pilotes ou la gestion opérationnelle ont contribué à la catastrophe. Le procès est prévu pour durer quatre semaines.
T.F

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