Sous-traitance automobile: Les producteurs de pièces de rechange s’organisent

Le ministre de l’Industrie, Sifi Ghrieb, a annoncé, ce samedi, le lancement d’un réseau national regroupant tous les producteurs locaux de pièces de rechange automobile. L’objectif est de développer cette industrie automobile en Algérie à travers l’augmentation du taux d’intégration national, explique un communiqué de son département.
Cette annonce a été faite lors d’une rencontre ayant regroupé le ministre et les opérateurs économiques exerçant dans ce domaine, ainsi que les associations professionnelles de la sous-traitance de la branche mécanique nationale. Dans une première phase, le ministère compte recenser tous les producteurs algériens de pièces de rechange de véhicules. Le but est d’organiser ce réseau aussi bien en ce qui à trait à l’aspect technique que le volet organisationnel et structurel permettant d’assurer la coordination collective.
« Ce réseau, premier du genre en Algérie, œuvre à maîtriser l’homologation et la certification afin de garantir la qualité et la conformité des pièces de rechange aux besoins des constructeurs automobiles, en s’appuyant sur les organismes et les expertises nationales tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays », précise la même source qui ajoute que la rencontre a également vu la participation du ministre de l’Economie de la connaissance, des Start-up et des Micro-entreprises, Noureddine Ouadah. Le ministre de l’Industrie a indiqué que « la création de ce réseau s’inscrit dans le cadre des orientations du président Tebboune, visant à encourager les opérateurs et les industriels à investir dans la sous-traitance industrielle, notamment les pièces de rechange, au regard des grands atouts dont dispose l’Algérie dans ce domaine ».
M. Ghrieb a également affirmé que son département ministériel est « engagé à accompagner les opérateurs activant dans la fabrication des pièces de rechange », révélant «la mise en place d’un bureau vert au niveau du ministère, en vue d’accompagner le développement du tissu industriel, à travers le traitement instantané des procédures de projets industriels structurants, notamment la fabrication des pièces de rechange ». Il a aussi appelé les start-up à «adhérer à cette démarche».
L’annonce de la formation de ce réseau national des producteurs locaux de ces pièces de rechange intervient dans un contexte marqué par un redéploiement de l’usine de montage de véhicules « Fiat El-Djazair du groupe Stellantis située à Tafraoui qui s’est engagé à atteindre un taux d’intégration de 30% d’ici à deux ans.
Des opportunités et des défis
A ce propos, le groupe automobile se prépare à la tenue de la 2ème édition de la Convention Internationale de fournisseurs en mai 2025 en Algérie. La rencontre vise à trouver de nouveaux équipementiers automobiles capables de fabriquer des pièces pour les véhicules de la marque italienne assemblés localement.
Pour rappel, en une année, Stellantis El Djazaïr a conclu des partenariats avec cinq sous-traitants : Ferruz, Iris Tyres, Ide-Net, Ghazal et Sarel Industries. « Grâce à ces partenariats, Stellantis a atteint plus de 10 % de taux d’intégration locale dès 2024, soit 1 an avant le délai réglementaire », indique le groupe. Pour augmenter ce taux, le constructeur rappelle avoir lancé, il y a une année, les travaux d’extension de son usine algérienne pour « intégrer le ferrage et la peinture ».
La sous-traitance automobile en Algérie présente à la fois des opportunités et des défis. Ses perspectives de développement dépendront de plusieurs facteurs économiques et structurels. Le marché domestique est prometteur avec une demande intérieure croissante en véhicules (environ 400 000 véhicules annuellement). Ce marché offre un potentiel pour la sous-traitance locale. La réglementation impose aux constructeurs d’atteindre un taux d’intégration locale progressif avec un objectif de 40 % à moyen terme. Le secteur de la sous-traitance a besoin d’un développement de clusters industriels. La création de zones dédiées à l’image de la zone industrielle de Relizane, vise à permettre de mutualiser les coûts et d’attirer des équipementiers internationaux. L’Algérie pourrait aussi exploiter son potentiel en énergies renouvelables pour produire des véhicules électriques, un marché en croissance mondiale. Des joint-ventures avec des équipementiers européens ou asiatiques pourraient accélérer les transferts de technologie. La sous-traitance automobile en Algérie a un potentiel réel. Son succès dépendra aussi de la formation professionnelle appelée à assurer une adaptation des cursus aux besoins de l’industrie. L’Algérie pourrait devenir un acteur régional dans la sous-traitance automobile, notamment pour le marché africain.
G. Salima
