Pénuries des médicaments : La production locale comme parade

Lors d’une intervention, hier, sur les ondes de la Radio algérienne, Dr. Imène Belabbas, directrice centrale de la pharmaco-économie au ministère de l’Industrie pharmaceutique, a souligné que la solution durable aux pénuries de médicaments réside dans la localisation de la fabrication.

Imène Belabbas a rappelé que la priorité accordée à l’industrie pharmaceutique s’inscrit dans le cadre des directives du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à renforcer la souveraineté nationale en matière de santé.
« La dépendance à l’importation de matières premières, principalement depuis la Chine et l’Inde, rend le marché algérien vulnérable aux fluctuations mondiales des prix et à l’instabilité de l’offre, » a-t-elle expliqué.
Pour faire face à cette situation, l’Algérie a lancé une stratégie globale visant à localiser la fabrication des médicaments, y compris la production des intrants. « La crise du Covid-19 a montré la nécessité de garantir une autonomie dans la production pharmaceutique, » a-t-elle ajouté.
Ainsi, plusieurs projets sont déjà en cours pour renforcer la capacité de production locale. L’accent est mis sur la fabrication des matières premières et des intrants ; la modernisation du secteur pharmaceutique à travers l’intégration de technologies avancées et la mise en place d’un dispositif de suivi pour garantir une couverture continue des besoins nationaux.
« Nous nous concentrons sur l’amélioration de la qualité, l’efficacité et la sécurité des médicaments, » a-t-elle précisé. Un centre de bioéquivalence et un centre d’essais cliniques en conditions réelles verront bientôt le jour pour évaluer la performance des médicaments fabriqués localement.
Concernant le traitement du diabète, Mme Belabbas a annoncé que la commercialisation d’une insuline innovante produite par le laboratoire national Saidal, en collaboration avec un partenaire étranger, est imminente. « Il s’agit d’une insuline lente, de type Glargine, qui permettra aux patients de bénéficier d’un traitement plus pratique avec une seule injection toutes les 24 heures, » a-t-elle révélé. Cette avancée s’inscrit dans le cadre d’un programme national visant à couvrir les besoins du marché local et à envisager des opportunités d’exportation.
L’Algérie a fait des progrès significatifs dans la couverture des besoins pharmaceutiques nationaux. Le taux de couverture des médicaments produits localement a atteint 76 %, selon Mme Belabbas.
« Nous avons considérablement réduit la facture d’importation. L’année dernière, nous n’avons pas eu besoin d’importer certaines insulines et d’autres médicaments stratégiques, » a-t-elle précisé.
« Nous avons même commencé à exporter, » a-t-elle ajouté, citant une première opération réussie vers l’Arabie saoudite réalisée par un opérateur privé. D’autres laboratoires algériens prévoient également de se lancer dans l’exportation de médicaments dans un avenir proche.
Par ailleurs, et pour anticiper les pénuries, le ministère de l’Industrie pharmaceutique a lancé une plateforme numérique en collaboration avec le Haut-commissariat à la numérisation. « Cette plateforme permet de suivre en temps réel le circuit de fabrication et de distribution des médicaments, de la première étape d’importation jusqu’à l’administration du médicament au patient, » a expliqué Mme Belabbas. Elle a précisé que cette solution numérique facilite également la détection des pénuries potentielles et permet de prendre rapidement les mesures nécessaires pour garantir un approvisionnement continu.
M. Salah

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