Affaire de l’assassinat d’un mineur : Oran, dans l’ombre des monstres

Oran, la belle, la bruyante, l’effervescente, s’est réveillée sous un ciel plus lourd qu’à l’accoutumée. Une affaire, de celles qu’on pense réservée aux polars nocturnes et aux cauchemars d’enfants, a éclaté dans ses entrailles. Deux jeunes vies fauchées, broyées par la mécanique implacable d’un mal que l’on croyait relégué aux livres d’Histoire. Un mineur, un étudiant, deux âmes arrachées à la douceur cruelle du quotidien.

Tout a commencé avec une poubelle. Un conteneur banal, peut-être tagué, sûrement cabossé, comme il en traîne des dizaines dans la ville. Mais cette fois, c’est la mort qui y dormait. Des morceaux d’un gamin, Imad Eddine, éparpillés comme un puzzle sans solution. L’odeur du drame s’est rapidement propagée, jusqu’à atteindre les narines des enquêteurs. Un voisin d’abord. Un suspect ensuite. Puis le nom d’un homme qu’on aurait préféré oublier.
Un ancien terroriste. Rien que ça. Pas un loup solitaire en mal de sang, pas un braqueur désespéré ou un psychopathe à la dérive. Un homme rompu à l’art funeste de la barbarie, un assassin méthodique, qui kidnappait ses proies, extorquait leurs familles et les effaçait une fois l’argent en poche. Oran n’a pas vu venir le monstre qui, sous le masque de l’ordinaire, collectionnait les morts.
Puis il y a eu Saint-Rémy. Une autre victime, un étudiant cette fois. Son corps mutilé, enterré à la va-vite, comme si la terre elle-même refusait de l’avaler. Ce n’était plus une affaire criminelle, c’était une dissection du mal, un face-à-face brutal avec la réalité que l’on croyait lointaine.
La ville murmure, la ville tremble, mais la ville observe aussi. Elle voit ces policiers qui tracent les fils d’une enquête comme on remonte une pelote d’horreur. Elle entend les cris des familles qui ne trouveront plus jamais le sommeil. Elle ressent cette vague d’indignation qui se heurte, comme toujours, à l’éternelle question : comment est-ce encore possible ?
L’ancien terroriste est sous les verrous. Un sourire aux lèvres ? De la peur dans les yeux ? Peu importe. Son sort est scellé. Mais l’empreinte de ses crimes, elle, ne s’efface pas d’un coup de marteau judiciaire. À Oran, entre le chahut des vendeurs et le rugissement de la mer, il restera toujours une brise chargée de souvenirs trop lourds.
O.A Nadir

Bouton retour en haut de la page