Cessez-le-feu à Ghaza: Alger exige la mise en œuvre complète de l’accord

L’Algérie a exprimé, ce jeudi, sa satisfaction suite à l’annonce de l’accord de cessez-le-feu signé, ce mercredi, entre l’entité sioniste et le Mouvement Hamas, soulignant la nécessité de mettre en œuvre cette trêve dans tous ses termes et ses dimensions, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines.
«L’Algérie a accueilli avec une grande satisfaction l’annonce de l’accord de cessez-le-feu dans la bande de Ghaza, un accord tant attendu pour atténuer la souffrance du peuple palestinien et mettre fin à l’injustice qu’il subit dans la guerre génocidaire menée contre lui par l’occupation israélienne depuis plus de 15 mois», a indiqué la même source. L’Algérie a également exprimé «sa considération des efforts inlassables déployés par le groupe de médiation internationale» et affirme «la nécessité de concrétiser cet accord dans tous ses termes et ses dimensions, notamment celles relatives à l’activation d’un cessez-le-feu inclusif et permanent et la levée de toutes les restrictions imposées aux efforts d’aide humanitaire destinée au peuple palestinien, ainsi qu’au retrait des forces d’occupation israéliennes de ses territoires», a poursuivit le communiqué.
La même source rappelle «les efforts et les initiatives de l’Algérie depuis son adhésion au Conseil de sécurité» pour répondre, même partiellement, «aux aspirations du peuple palestinien». Des efforts qui nécessitent «toutefois d’être complétés par d’autres démarches pour la reconstruction et l’unification des territoires palestiniens mais aussi l’ouverture de perspectives concrètes pour l’établissement d’un État palestinien indépendant et souverain comme solution juste, durable et définitive au conflit arabo-israélien, et condition sine qua non pour rétablir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région du Moyen-Orient.»
En tant que membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, l’Algérie a porté de nobles combats diplomatiques en faveur de la question palestinienne, érigée comme une priorité absolue. Notre pays n’a pas cessé de réclamer un cessez-le-feu à Ghaza et, depuis une année, le Conseil de sécurité a tenu une dizaine de réunions, à la seule demande d’Alger, consacrées à condamner le génocide commis par les sionistes à Ghaza.
Un accord unanimement salué
Rappelons que l’accord de cessez-le-feu à Ghaza, qui entrera en vigueur demain, intervient après plus de 15 mois de génocide ayant fait près de 47 000 martyrs palestiniens, et plus 110 265 blessés. Cette trêve, dont l’annonce a été faite par Washington et Doha, a été conclue après des mois de négociations entre l’entité sioniste et la Résistance palestinienne, menées sous l’égide du Qatar, de l’Égypte et des États-Unis. L’accord prévoit trois phases. Durant la première étape qui durera 42 jours de paix, l’accord prévoit l’échange de 33 détenus sionistes contre des otages palestiniens dont le nombre n’a pas été précisé, et le retrait des forces sionistes de Ghaza. Les détails concernant la deuxième et troisième phase ne sont pas encore finalisés.
Par ailleurs, suite à l’annonce de cet accord, les réactions ont afflué du monde entier. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’est déclaré «réjoui» de cette trêve et de la libération d’otages à Ghaza, tout en félicitant «les médiateurs – l’Égypte, le Qatar et les États-Unis – pour les efforts qu’ils ont déployés afin de parvenir à cet accord». Le chef de l’ONU a également exhorté toutes les parties concernées à veiller à ce que l’accord soit pleinement mis en œuvre et à respecter leurs engagements. Le président américain sortant Joe Biden et le président élu Donald Trump ont tous deux salué cet accord, en revendiquant chacun le mérite. «Cet accord de cessez-le-feu n’a pu voir le jour qu’à la suite de notre victoire historique en novembre, car il a montré au monde entier que mon administration rechercherait la paix et négocierait des accords pour garantir la sécurité de tous les Américains et de nos alliés», a déclaré Trump. De son côté, l’émir du Qatar Tamim Bin Hamad Al-Thani a lui aussi salué l’accord, espérant qu’«il contribuera à mettre fin à l’agression, à la destruction et au massacre dans la bande de Ghaza et dans les territoires palestiniens occupés». Il a souligné que le rôle diplomatique de son pays en tant que médiateur dans cet accord découle d’obligations et de devoirs humanitaires, et non d’un rôle politique. Pour sa part, le président égyptien Abdelfattah El-Sisi a également exprimé son soulagement à la suite de l’annonce du cessez-le-feu, négocié en partie par son pays. Enfin, la Chine, la Russie et la Commission européenne ont tous salué cet accord.
G. Salima
