Commémoration du 8 Mai 1945: Cérémonies et actions éducatives au programme
Jeudi dernier, les Oranais ont, une fois de plus, répondu présents pour commémorer les massacres du 8 mai 1945 perpétrés à Sétif, Guelma et Kherrata par l’armée coloniale française, alors que des milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement pour l’indépendance, espérant que la victoire des Alliés lors de la 2e Guerre mondiale ouvre la voie à la liberté des peuples colonisés. La cérémonie officielle s’est tenue en début de matinée au niveau de la place des Martyrs, à proximité du boulevard de l’ALN. Les autorités locales y ont pris part, avec la présence du wali, des élus, des représentants des anciens moudjahidines, des corps constitués, ainsi que de nombreuses écoles.
Au-delà de la commémoration protocolaire, la ville a connu une animation culturelle remarquable. Ainsi, le théâtre Abdelkader Alloula a proposé une programmation spéciale autour de la mémoire du 8 mai. La pièce «Mai 45, nos voix ensevelies», création dramatique inspirée de témoignages d’archives et de lettres de survivants, a ému le public. Le texte, sobre et intense, mettait en scène une fresque historique autour des jeunes manifestants de Sétif, la violence coloniale, et la fracture entre deux peuples liés par la guerre mais séparés par l’injustice.
En parallèle, une exposition d’archives visuelles sur les répressions coloniales en Algérie entre 1945 et 1954 a également été organisée. De nombreux lycéens et étudiants ont assisté à des conférences données par des universitaires spécialisés en histoire coloniale. L’objectif affiché : consolider une culture de la mémoire chez les jeunes générations.
Fait notable cette année, la Direction de la Protection civile d’Oran a marqué la date d’une manière inédite. Un défilé de camions de pompiers a eu lieu dans le centre-ville, décorés de drapeaux et de banderoles à la mémoire des martyrs. Une initiative suivie d’une journée portes ouvertes dans plusieurs casernes, où les enfants ont pu découvrir les métiers du secours et de la sécurité. Une campagne de don du sang a aussi été organisée sous le slogan : «Donner pour la vie, en hommage à ceux qui l’ont perdue pour la liberté».
Enfin, les institutions éducatives n’ont pas été en reste. Des cours d’histoire « spécial 8 mai 1945 » ont été dispensés dans les écoles et collèges.
O.A Nadir