Intoxications alimentaires : L’alerte du ministère de la Santé

Alors que la période estivale bat son plein et que les températures grimpent, le ministère algérien de la Santé tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué publié, hier, les autorités sanitaires appellent les citoyens à un strict respect des mesures préventives et d’hygiène afin de prévenir les cas d’intoxications alimentaires, qui connaissent traditionnellement une recrudescence en été.
Le ministère exhorte la population à faire preuve de «vigilance et de responsabilité» à toutes les étapes de la chaîne de consommation, de l’achat jusqu’à la préparation des aliments. Il met en garde contre toute forme de négligence qui pourrait entraîner des intoxications graves, parfois nécessitant une hospitalisation, voire mettant en danger la vie des personnes les plus vulnérables.
Parmi les recommandations phares, le ministère insiste sur la nécessité d’éviter tout produit exposé à l’air libre ou directement au soleil, en particulier les denrées périssables comme le pain, l’eau minérale, les œufs, les boissons gazeuses ou encore les produits laitiers. Une attention particulière doit être portée à la date de péremption des produits laitiers et en conserve, et il est fortement déconseillé d’acheter des boîtes gonflées ou déformées, signes potentiels de dégradation.
Côté stockage, la chaîne du froid doit impérativement être respectée. Les viandes, poissons, œufs et pâtisseries doivent être maintenus au frais, et recongeler un aliment après décongélation reste à proscrire. Quant aux plats froids, leur consommation immédiate après préparation est recommandée, sans dépassement d’une heure à température ambiante.
Le ministère ne se limite pas aux seuls produits alimentaires : il rappelle également l’importance de l’hygiène personnelle et domestique. Le lavage régulier des mains, notamment avant et après les repas, est présenté comme un geste essentiel. Il en va de même pour le lavage rigoureux des fruits et légumes avant leur consommation. En parallèle, les autorités sanitaires déconseillent la fréquentation des restaurants ou fast-foods ne respectant pas les règles d’hygiène, ainsi que la consommation de sauces préparées à l’avance ou de provenance douteuse.
Des chiffres préoccupants
Cette mise en garde intervient dans un contexte marqué par des statistiques préoccupantes. Lors d’une journée de sensibilisation organisée à Alger durant l’été 2024, le ministre de la Santé, Abdelhak Saihi, avait révélé que 1.600 cas d’intoxications alimentaires avaient été enregistrés entre le 1ᵉʳ juin et le 31 août 2024. Ces toxi-infections, majoritairement survenues dans des espaces commerciaux ou des cadres privés comme les mariages et fêtes de famille, soulignent l’ampleur du phénomène. Ce rappel à l’ordre du ministère s’inscrit dans une logique de prévention à large échelle. Avec l’augmentation des températures estivales, les risques de prolifération bactérienne s’accentuent, rendant cruciale l’adoption de comportements responsables. L’appel est donc lancé à l’ensemble des citoyens : redoubler de vigilance, adopter des pratiques d’achat et de consommation sécuritaires, et veiller à l’hygiène dans les foyers comme dans les lieux publics. La lutte contre les intoxications alimentaires est une affaire collective et elle commence dans nos assiettes. Face aux nombreuses infractions régulièrement relevées générant le fléau récurrent des intoxications alimentaires, le gouvernement a promulgué, en juillet dernier, une nouvelle réglementation imposant à tous les établissements de restauration, de respecter des exigences sanitaires strictes. Pour les consommateurs, cette évolution représente une avancée dans la protection de la santé publique. En réaction, l’association de protection APOCE a salué la promulgation de cette nouvelle législation dans sa page Facebook. Pour cette association, «en instaurant ces règles, l’Algérie franchit un cap vers une meilleure hygiène alimentaire, alignée avec les standards internationaux».
Entrée en vigueur le 7 mai 2025, la nouvelle réglementation issue d’un décret interministériel impose à tous les établissements de restauration, qu’ils soient fixes ou ambulants, de respecter des exigences sanitaires strictes, dans le but de renforcer la sécurité et la qualité de l’offre alimentaire pour les consommateurs. Cet arrêté fixe des règles d’hygiène contraignantes pour tous les établissements de restauration (commerciaux, sociaux, mobiles, ou de distribution automatique). Ce décret généralise l’application des bonnes pratiques d’hygiène (BPH) par les restaurateurs, à travers un ensemble de règles visant à prévenir les intoxications alimentaires.
G. Salima
