Trafic de stupéfiants : 12 ans pour les têtes d’un réseau international
Le tribunal criminel d’Oran a rendu son verdict, lundi 3 novembre 2025, dans une vaste affaire de trafic de drogue dure entre l’Espagne et l’Algérie. Treize personnes étaient poursuivies, dont trois en fuite, parmi lesquelles le baron présumé B. Tayeb, établi en Espagne et considéré comme le principal organisateur de ce réseau international de trafic d’ecstasy et de cocaïne.
Les principaux accusés ont été condamnés à douze ans de réclusion criminelle, deux autres à une année de prison ferme, tandis que les autres ont été acquittés. B. Tayeb, toujours en fuite, est poursuivi pour gestion, financement et organisation d’un réseau criminel transnational, ainsi que pour fuite de capitaux et entrave à la législation des changes.
L’affaire a éclaté à la suite d’informations recueillies par les services de sécurité d’Oran sur un trafic de psychotropes transitant par voie maritime depuis l’Espagne. Selon l’enquête, la drogue était acheminée à bord de bateaux de plaisance qui, une fois dans les eaux territoriales algériennes, jetaient les cargaisons à la mer. Des pêcheurs complices se chargeaient ensuite de récupérer les colis.
Les investigations ont permis d’interpeller plusieurs membres du réseau, dont K. Mohamed et A. Fayçal. Lors d’une perquisition au domicile du premier, situé dans le quartier des HLM, la police a découvert 14.926 comprimés d’ecstasy dissimulés dans le placard d’un compteur électrique, ainsi que 660 millions de centimes en liquide. Une autre perquisition chez A. Fayçal a conduit à la saisie de 28 grammes de cocaïne.
Interrogé, Mohamed a reconnu les faits, affirmant travailler pour B. Tayeb et décrivant en détail le fonctionnement du réseau, les circuits de distribution et les liens avec des changeurs informels (sarafas) chargés de convertir les dinars en devises. Il a également révélé que les quantités de cocaïne importées étaient revendues entre les quartiers de Gambetta, Mimosas, Eckmühl et Ibn Rochd, avec des bénéfices estimés à 10.000 DA par gramme vendu.
A la barre, plusieurs prévenus ont nié toute implication, tandis que le parquet a requis des peines de cinq à vingt ans de réclusion, insistant sur la gravité des faits et le danger que représente un tel trafic pour la santé publique et l’économie nationale.
Zemmouri L.
