Trafic de stupéfiants transfrontalier: Des narcotraficants algériens et marocains condamnés à 15 ans de réclusion
Dans une affaire de trafic international de stupéfiants impliquant un réseau criminel organisé, six des onze mis en cause ont comparu récemment devant le tribunal criminel. Parmi eux, plusieurs ressortissants marocains. A l’issue des délibérations, ces six accusés ont été condamnés à quinze ans de réclusion criminelle. Les cinq autres, actuellement en fuite, ont été condamnés à la perpétuité par défaut.
Les faits remontent à septembre 2023, lorsque les éléments de la Gendarmerie nationale de Boukanoun ont été informés de l’existence d’un réseau actif dans le trafic de drogue. Ce réseau acheminait du kif à partir du Royaume du Maroc vers l’Algérie, via la région de Msirda.
Pour démanteler cette organisation, une opération d’infiltration a été décidée. L’agent infiltré a permis d’identifier les premiers suspects : Z. Abderrahmane, B.K. Idriss et M. Saïd, surpris alors qu’ils transportaient trois sacs de drogue sur leur dos vers une habitation en chantier. Une perquisition dans ce bâtiment a permis la découverte d’un quatrième sac contenant des stupéfiants.
L’enquête a révélé que les stupéfiants devaient être transportés à bord d’un véhicule de marque Renault Clio, conduit par K. Abderrahim. Lors de l’intervention des gendarmes, plusieurs individus ont pris la fuite, tandis que K. Abderrahim, blessé en sautant de la voiture, a été interpellé sur place. Au total, la quantité de kif saisie s’élève à 131 kilogrammes.
Interrogé, B.K. Idriss a déclaré avoir été contacté quinze jours avant les faits par K. Abderrahim, de nationalité marocaine, qui lui aurait proposé de participer au transport des stupéfiants en contrepartie d’un paiement de 4 millions de dirhams. Il a reconnu avoir recruté deux autres compatriotes marocains pour l’aider.
Le 10 septembre 2023, vers 22h, les trafiquants se sont retrouvés dans la ville de Darar, au Maroc, où un certain Lahcène les a rejoints à bord d’une Mercedes chargée de quatre colis de drogue. Ils ont ensuite été conduits jusqu’à la frontière algéro-marocaine, où un autre complice les attendait. Un «client», qui s’est avéré être l’agent infiltré, a donné le signal avec les phares de son véhicule, leur permettant ainsi de franchir la frontière avec la marchandise.
À la barre du tribunal criminel, les ressortissants marocains ont reconnu les faits, tandis que les accusés algériens les ont niés.
Le ministère public a requis la perpétuité contre l’ensemble des mis en cause, soulignant la gravité des faits et la dimension transnationale du trafic.
Zemmouri L.
