Marchés de ramadan: Les communes critiquées pour leur manque d’anticipation

Le président de l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA), El Hadj Boulenouar, a vivement interpellé les communes sur leur rôle dans la préparation des marchés de Ramadan. Lors d’une conférence de presse tenue hier à Oran, il a dénoncé un manque d’anticipation devenu « récurrent », qui compromet, selon lui, l’organisation de ces espaces commerciaux temporaires pourtant essentiels durant le mois sacré.
Selon Boulenouar, de nombreuses APC tardent à identifier et communiquer les sites destinés à accueillir les marchés saisonniers. « Cette lenteur démobilise les producteurs », a-t-il alerté. Faute de connaître suffisamment tôt les lieux où ils pourront écouler leurs produits, nombre d’entre eux renoncent à augmenter leurs volumes ou à constituer des stocks supplémentaires.
Cette absence de visibilité se répercute directement sur l’offre disponible à l’approche du Ramadan : désorganisation, quantités limitées, pression sur les prix – particulièrement durant les premiers jours où la demande explose traditionnellement.
Au-delà de ce manque d’anticipation, l’ANCA pointe du doigt un problème plus profond : la faiblesse du maillage commercial à l’échelle nationale. L’Algérie ne compte pas plus de 2.000 marchés toutes catégories confondues, pour plus de 1.500 communes. Certaines localités ne disposent même d’aucun marché officiel.
Ce déficit, qui touche aussi bien les marchés de gros que de détail ou de proximité, favorise le recours massif au commerce informel et entrave la mise en place de circuits de distribution fiables.
Pour remédier à cette situation, Boulenouar appelle à une stratégie nationale ambitieuse, articulée autour de trois axes : la création de nouveaux marchés, notamment dans les communes dépourvues d’infrastructures commerciales, la réhabilitation des marchés abandonnés ou sous-exploités, et l’intégration et l’encadrement des vendeurs informels, afin d’éviter l’anarchie commerciale et d’améliorer l’accès du public à des espaces organisés.
L’objectif, souligne-t-il, est de renforcer la structuration du commerce afin de garantir une disponibilité continue des produits, une stabilité des prix et une concurrence plus saine.
La rencontre d’Oran marque le lancement de la campagne nationale de sensibilisation initiée par l’ANCA. Cette initiative vise à accompagner les commerçants à travers des formations en organisation des marchés, communication, gestion associative et bonnes pratiques en vue du Ramada.
La prochaine étape aura lieu à Constantine, avant l’élargissement de la campagne à d’autres wilayas. L’ANCA espère ainsi mobiliser davantage les acteurs locaux et les encourager à anticiper plus efficacement, afin d’éviter les dysfonctionnements observés chaque année.
K.B
