Fitness : Explosion des inscriptions en salles de sport

Chaque hiver, une dynamique s’installe : alors que les rues se refroidissent, les salles de sport, elles, se réchauffent et se remplissent. Depuis novembre dernier, Akid Lotfi et Bir El Djir connaissent une explosion sans précédent des clubs de fitness, avec des ouvertures successives et une affluence record, portée en grande partie par une clientèle féminine de plus en plus nombreuse. Ce qui était autrefois une activité ponctuelle devient désormais une habitude, presque une nécessité sociale et psychologique.
Dans les rues animées d’Akid Lotfi, pas moins de quatre nouveaux clubs ont ouvert entre septembre et décembre, selon les tableaux d’inscription affichés publiquement par les gérants. Machines neuves, cours variés, horaires étendus et encadrement féminin : ces salles cherchent à répondre à une demande croissante. À Bir El Djir, notamment près de la zone universitaire, de petites salles modernes accueillent chaque jour étudiantes, jeunes salariées et même mères au foyer. Les créneaux de 13h et 18h sont désormais saturés.
Les coachs expliquent ce phénomène par plusieurs facteurs : le besoin d’un espace fermé et dynamique pendant la saison froide, l’envie croissante de prendre soin de sa santé mentale, et l’influence directe des réseaux sociaux qui ont démocratisé l’entraînement et les programmes alimentaires. Une coach de 28 ans, employée dans une salle récente d’Akid Lotfi, témoigne : « En hiver, les inscriptions doublent presque. Beaucoup de femmes viennent pour garder la forme mais aussi pour se sentir mieux. Elles cherchent une ambiance positive et un encadrement sérieux ». Les nutritionnistes, très actifs sur leurs pages Facebook professionnelles et dans les cabinets privés, confirment une évolution : les habitudes alimentaires hivernales plus lourdes poussent de nombreuses personnes à rééquilibrer leur mode de vie.
Le phénomène touche aussi les hommes, même si la croissance la plus visible reste féminine. Walid, 31 ans, entrepreneur à Sénia, raconte : « J’ai fini par m’inscrire après que trois collègues se sont lancés. Maintenant, j’y vais quatre fois par semaine. Le sport en hiver, ça change tout : je dors mieux, je suis plus productif et l’ambiance des salles a beaucoup évolué, c’est motivant ». Son témoignage reflète celui d’une nouvelle génération d’hommes qui adoptent le sport comme routine plutôt que comme effort ponctuel.
Les salles affichent des chiffres concrets : une hausse estimée à 30% des abonnements entre septembre et décembre 2025, selon les informations mises à disposition par plusieurs gérants. Les prix varient entre 2.500 et 4.500 DA par mois, avec des réductions sur les abonnements trimestriels. Les cours de zumba, de cross-training et les circuits de renforcement musculaire figurent parmi les plus demandés. Les espaces de musculation, eux, restent pleins du matin au soir.
Au-delà de l’exercice physique, ces salles deviennent un lieu de rencontre et d’équilibre personnel. Dans une période où le coût de la vie augmente et où les loisirs hivernaux se réduisent, elles offrent un espace de respiration, d’énergie et de discipline. L’élan ne fait que commencer : les listes de préinscription pour janvier 2026 sont déjà pleines, preuve que cette nouvelle culture sportive s’ancre durablement dans la vie quotidienne.
O.A Nadir
