Santé scolaire : Des moyens supplémentaires au menu

À Oran, la santé scolaire prend un nouveau tournant. La direction de la santé et de la population de la wilaya a engagé un renforcement notable de son dispositif, en plaçant la santé mentale de l’enfant au cœur de ses priorités. Une démarche qui intervient dans un contexte marqué par l’apparition de troubles psychologiques et comportementaux de plus en plus visibles en milieu scolaire.

C’est au CHU Dr Benzerdjeb d’Oran, lors d’une journée d’étude consacrée à la violence en milieu scolaire, que les grandes lignes de ce programme ont été dévoilées. Selon le docteur Youcef Boukhari, chef du service de la prévention à la direction de la santé, l’intégration de la santé mentale dans le programme de santé scolaire répond à un constat alarmant établi sur le terrain, notamment dans les cycles moyen et secondaire.
Des situations préoccupantes ont été relevées parmi les élèves, liées à la consommation de drogues en milieu scolaire, à des actes de violence et à des troubles du comportement. À cela s’ajoutent des tentatives de suicide recensées chez des élèves appartenant à des tranches d’âge sensibles, ce qui a renforcé l’urgence d’une prise en charge structurée et coordonnée.
Pour répondre à ces défis, la wilaya d’Oran s’appuie désormais sur un réseau de 45 unités de dépistage et de suivi de la santé scolaire. Ces structures accueillent élèves et enfants pour un accompagnement médical et psychologique, avec un accent particulier sur les adolescents, considérés comme plus vulnérables durant cette phase de développement.
Le dispositif a été renforcé par l’affectation de 75 psychologues répartis à travers les différentes communes de la wilaya. Ces spécialistes travaillent en étroite coordination avec la direction de l’éducation et les établissements scolaires. Leur mission consiste à repérer les changements de comportement, à accompagner les élèves en difficulté et à orienter les cas nécessitant un suivi approfondi vers des unités spécialisées.
Au-delà du volet psychologique, le programme mobilise des équipes médicales pluridisciplinaires. Pas moins de 110 médecins généralistes, 115 chirurgiens-dentistes et 45 pédiatres sont engagés dans la prise en charge des élèves. Cette approche globale vise à assurer un suivi sanitaire régulier et à renforcer la prévention dès le plus jeune âge.
Dans le cadre de l’actuelle année scolaire, la couverture sanitaire a également été élargie par l’affectation d’une médecin spécialiste en endocrinologie. Cette dernière intervient notamment dans la prise en charge des élèves atteints de diabète, de troubles de la croissance, du développement du squelette, ainsi que des cas d’obésité et de déséquilibres hormonaux, en particulier chez les filles.
O.A Nadir

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