Wassila Aridj, comédienne, à Algérie Presse : «J’aimerais incarner une femme qui a marqué l’histoire de l’Algérie»
Propos recueillis par O.A Nadir

Dans le paysage audiovisuel algérien, le visage de Wassila Aridj s’impose avec une douceur déconcertante et une précision de jeu rarement fortuite. Comédienne de théâtre, de télévision et de cinéma, formée à l’Institut Supérieur des Métiers des Arts du Spectacle, elle a su traverser les genres, du registre dramatique jusqu’à la comédie populaire. Le public a pu la découvrir notamment à travers son passage dans «Bibiche et Bibicha».
Entre rigueur artistique, sensibilité scénique et parcours souvent méconnu du grand public, Wassila Aridj nous reçoit pour parler de ses débuts, de sa vision du métier et de ce que signifie être actrice en Algérie aujourd’hui.
Algérie Presse : Quel moment sur le tournage de «Bibiche et Bibicha» vous a le plus surpris ou fait rire ?
Wassila Aridj : Le souvenir qui m’a le plus marqué est celui des scènes de mon mariage tournées à Chréa. Il faisait froid, on a tourné toute la nuit, la fatigue se faisait sentir, mais Merouane, Zoubir Belhor, Kamel Abdat et Bouchayeb arrivaient à nous faire rire pendant et entre chaque prise.
Leur humour et la chaleur de toute l’équipe nous faisaient oublier le temps, le froid, le manque de sommeil.
C’était une nuit blanche, mais remplie de complicité et de fous rires.
Comment votre expérience au théâtre influence-t-elle vos choix à l’écran ?
Le théâtre m’a appris le rythme, la respiration, le langage corporel, la discipline, la complicité avec les partenaires, la conscience de l’espace, l’écoute… et la liste est interminable.
À l’écran, tout cela se transforme en une intériorité plus subtile, une manière de laisser les émotions se déposer doucement, sans forcer.
Quel rôle rêveriez-vous d’incarner et pourquoi ?
J’aimerais incarner une femme qui a marqué l’histoire de l’Algérie, que ce soit par sa lutte, par son art ou par son engagement. Une figure qui porte en elle la force intérieure, la sensibilité et le courage des femmes algériennes Un personnage qui permettrait de raconter notre mémoire collective à travers une histoire intime et surtout humaine. Un rôle qui respire et qui laisse une empreinte.
Si le personnage a un parcours artistique, il serait parfait pour moi.
Selon vous, quels défis restent à relever pour les actrices en Algérie ?
Pour moi, le véritable défi est de revenir à la féminité, à cette sensibilité propre aux femmes, et d’interpréter la force à travers le féminin et non en imitant le masculin. Malheureusement, on confond encore souvent féminité avec fragilité, et force avec dureté -ce qui pousse certaines actrices, sans en être responsables, à adopter des codes qui ne leur appartiennent pas-. C’est un phénomène social, une pression collective. Je crois profondément que la puissance féminine existe, subtile, nuancée, intérieure, et qu’il est temps de lui redonner sa place que ce soit à l’écran ou sur les planches.
Si vous deviez raconter une histoire algérienne jamais portée à l’écran, laquelle serait-ce ?
J’aimerais raconter l’histoire d’une femme qui a traversé toute l’Algérie, de la colonisation jusqu’à aujourd’hui, et dont chaque événement historique ou politique a laissé une trace -parfois visible, parfois silencieuse-.
Une femme qui a vécu avec ses peurs, ses angoisses, sa force, et surtout sa naïveté. C’est l’histoire d’une héroïne ordinaire en apparence, mais dont la vie reflète l’âme de tout un pays. Le scénario est en phase d’écriture…
