Cancer de la prostate: L’EHU sensibilise sur l’importance du dépistage

L’EHU d’Oran 1er novembre 1954 abrite, à partir d’aujourd’hui jusqu’à demain, des journées de sensibilisation sur le dépistage précoce du cancer de la prostate.

Cet événement est organisé par le département d’urologie et néphrologie dans le cadre du mois de Novembre Bleu, commémoré chaque année pour encourager les hommes à se faire dépister.
Après Octobre Rose, dédié à la lutte contre le cancer du sein, le mois de novembre devient à son tour un mois symbolique avec une initiative de sensibilisation sur le cancer de la prostate. Cette campagne vise à encourager les hommes à prendre soin de leur santé, en mettant particulièrement l’accent sur l’importance du dépistage du cancer de la prostate. C’est le cancer le plus fréquent chez l’homme à partir de 50 ans. Le tabou qui entoure cette maladie touchant à la sphère la plus intime de l’homme est encore plus néfaste que les chiffres. Le silence et la gêne qui entoure cette pathologie a des conséquences dramatiques : mal ou peu informés, les malades se sentent seuls et stigmatisés. «Le dépistage peut être fait par un toucher rectal suivi d’une analyse de sang par la mesure du PSA (prostate specificantigen en anglais), une protéine produite par la prostate que l’on détecte dans le sang.
Lorsque les différents examens renforcent la suspicion de cancer, l’urologue propose de réaliser une biopsie prostatique pour confirmer ou infirmer définitivement le cancer», affirme la Pr Kehili, maître-assistante et spécialiste en oncologie médicale à l’EHU. Pour les médecins, l’utilisation de l’antigène spécifique de la prostate (PSA) est marquée par une faible spécificité et une détection cliniquement non significative. Une étude récente suggère une diminution de 20% de la mortalité spécifique par le dépistage, avec un haut risque de sur-diagnostic. Cette diminution de mortalité d’un cancer fréquent dans une population vieillissante n’est pas négligeable, mais l’augmentation de traitement suite au dépistage comporte également de potentiels effets secondaires urinaires, sexuels et digestifs. En raison d’un compromis entre un diagnostic précoce et le risque de détection de maladie sans signification clinique, le dépistage par le PSA n’est pas recommandé comme dépistage de masse et doit être proposé individuellement avec une discussion précise concernant ces implications.
Selon les spécialistes, «seules 20% des biopsies de la prostate confirment le diagnostic de cancer. Ce faible taux peut être amélioré par l’emploi de nouveaux outils, tels que les marqueurs sanguins (p2-PSA) ou urinaires (PCA3), ou encore grâce à l’imagerie échographique tridimensionnelle computérisée et l’IRM». «Le résultat du dépistage doit être géré avec nuance, puisqu’environ un tiers des cancers détectés sont peu agressifs cliniquement. Ainsi, une proportion significative d’entre eux peut être incluse dans un protocole de surveillance active», soulignent les spécialistes. «Les cancers de la prostate représentent 14% des cancers recensés en Algérie, indique la Pr Kehili. «Il faut manier avec prudence le dosage des PSA», indique de son côté, le Professeur Chelaf. Plusieurs facteurs peuvent conduire à une augmentation de PSA comme l’âge, une infection, un adénome bénin ou un cancer de la prostate par exemple. Quand les biopsies font apparaître un cancer, un bilan basé sur des examens d’imagerie est nécessaire pour vérifier si le cancer s’est développé et étendu à d’autres organes. Parmi ces examens figure l’imagerie par résonance magnétique (IRM). D’autres examens permettent de vérifier s’il y a des métastases osseuses. «Le dépistage est recommandé à partir de 54 ans ou même à 40 ans, s’il y a un facteur de risque, comme des prédispositions ou les antécédents familiaux, c’est-à-dire la présence de cancers de la prostate au sein de sa famille (le père, le frère…)», poursuit la Pr Kehili.
G. Salima

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