Ségolène Royal à Alger : Plaidoyer pour le respect de la souveraineté algérienne

La présidente de l’Association France-Algérie, Ségolène Royal, a appelé depuis Alger à l’ouverture d’une nouvelle ère de coopération entre la France et l’Algérie. Elle a insisté sur la nécessité de bâtir cette relation sur la vérité historique, la restitution des archives et le respect mutuel, dans un esprit d’égalité.
À l’issue de son audience avec le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, Mme Royal a expliqué être venue en Algérie pour écouter et apprendre, notamment dans les domaines de la créativité économique et de la culture. Elle a rappelé que l’association qu’elle préside œuvre depuis plus de soixante ans au développement du dialogue, de l’amitié et de la compréhension mutuelle entre les deux peuples.
Elle a reconnu que l’histoire commune entre la France et l’Algérie reste marquée par des blessures profondes, faites de domination et de violences, mais aussi de luttes, de résistance et de destins partagés. Elle a souligné l’existence de projets économiques et culturels communs, de familles construites entre les deux rives et de potentiels trop souvent ignorés qu’il convient de mettre en valeur.
Mme Royal a dénoncé les postures politiciennes et les discours de division qui refusent encore d’admettre la souveraineté nationale de l’Algérie, son rôle diplomatique, son choix de non-alignement et sa liberté de déterminer ses alliances. Elle a affirmé respecter profondément cette position et espérer que les autorités françaises finiront par en faire autant.
Elle a plaidé pour une « amitié réparée », fondée sur le dialogue et le respect, et a estimé que le premier geste attendu de la France devrait être la restitution des biens culturels et des archives. Elle a cité en particulier les objets de l’Émir Abdelkader, les ossements des martyrs conservés au Musée de l’Homme, les archives d’Aix-en-Provence, le canon d’Alger conservé à Brest, ainsi que les dossiers relatifs aux essais nucléaires dans le Sahara.
Évoquant les paroles de l’Émir Abdelkader, « L’homme est grand par ce qu’il sait, et noble par ce qu’il fait », elle a insisté sur la nécessité de restituer au peuple algérien les objets qui lui appartiennent. Elle a ajouté qu’elle porterait ce message directement au président français Emmanuel Macron, rappelant que celui-ci avait exprimé une volonté en ce sens au début de son quinquennat. Elle a enfin souligné que la reconstruction de l’amitié entre la France et l’Algérie est un devoir envers les jeunes générations des deux rives, qui aspirent à développer ensemble leurs projets et à bâtir un avenir partagé.
Par ailleurs, elle a rencontré le président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), Kamel Moula, et les discussions ont porté sur les moyens de renforcer la coopération économique entre les deux pays, selon un communiqué du Conseil. La rencontre a permis d’aborder plusieurs questions liées au commerce, à l’investissement et au développement des entreprises, tout en explorant les perspectives de partenariat dans ces domaines. À l’issue de la rencontre, les deux parties ont convenu de maintenir un dialogue régulier entre le CREA et l’Association France-Algérie, dans le but de créer un environnement favorable aux initiatives économiques et à l’investissement, au service des intérêts communs des deux pays.
Ch.G

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