Soirées ramadanesques : Quand la jeunesse réinvestit l’espace public

À Oran, le mois sacré ne se limite pas aux veillées spirituelles et aux tables généreusement garnies. Il s’écrit aussi à travers des espaces publics qui retrouvent, le temps d’une soirée, leur vocation première : rassembler. Dans le cadre du programme d’animation de la wilaya durant le Ramadhan, la Direction de la jeunesse et des sports a investi la place publique avec une série d’activités organisées au « Jardin de la Liberté », au cœur du quartier Es-Seddikia.
Dès la fin de la prière des tarawih, les familles ont commencé à affluer. Parents, enfants et groupes de jeunes ont redonné vie à ce lieu devenu, l’espace de quelques heures, un carrefour de rencontres et d’échanges. Les allées se sont transformées en scènes ouvertes où se croisaient ateliers culturels, animations scientifiques, jeux pour enfants et démonstrations sportives.
La manifestation, pensée comme un rendez-vous inclusif, a mobilisé un large éventail d’acteurs : maisons de jeunes, clubs sportifs, associations locales et ligues spécialisées. Cette synergie a permis de proposer un programme varié, alternant activités ludiques et contenus à dimension éducative. Des ateliers de réflexion et d’expression ont côtoyé des espaces dédiés aux plus petits, où rires et courses effrénées ont rythmé la soirée.
Sur le plan sportif, des compétitions amicales et des exhibitions ont insufflé une dynamique particulière à l’événement. Les démonstrations, parfois improvisées, ont suscité l’enthousiasme du public, créant une atmosphère de saine émulation. Les encouragements fusaient, les applaudissements ponctuaient chaque performance, et l’esprit d’équipe s’imposait comme fil conducteur.
Au milieu de cette effervescence, les témoignages traduisent l’impact concret de l’initiative. Mourad, père de trois enfants venu du quartier voisin, ne cache pas sa satisfaction : « Franchement, ça change. Au lieu que les jeunes restent collés aux écrans, ils sont dehors, ils participent, ils apprennent. Mes enfants ont assisté à un atelier scientifique, puis ils ont enchaîné avec des jeux. Ils rentrent fatigués, mais contents. »
Latif, étudiant et bénévole au sein d’une association sportive, voit dans ces soirées une opportunité d’engagement : « Ramadhan, ce n’est pas seulement le jeûne. C’est aussi le partage. Quand on organise une activité et qu’on voit les familles rester jusqu’à tard, applaudir, encourager les jeunes, on se dit que ça vaut la peine. On crée du lien, on occupe l’espace public positivement. »
Au-delà du divertissement, cette initiative traduit une volonté claire : offrir aux jeunes des espaces d’expression encadrés, valoriser le tissu associatif local et renforcer le lien social durant le mois sacré. Ramadhan devient ainsi un temps de partage au sens large, où la dimension spirituelle se prolonge dans l’engagement citoyen et la convivialité.
O.A Nadir
