« Dans l’ombre d’une guerre » de Salah Laddi Une histoire secrète de la guerre de libération

« Dans l’ombre d’une guerre, une histoire secrète du conflit franco-algérien » est un documentaire inédit de Salah Laddi relatant une des histoires secrètes de la Guerre de libération.

Effectivement, le 22 octobre 1956, a été commis le premier acte de piraterie international par le gouvernement français de Guy Mollet. En déplacement à Londres, ce dernier endosse la décision prise par son secrétaire d’Etat à la défense de détourner un DC3 civil d’air Atlas marocain piloté par un Français et transportant à son bord quatre chefs historiques algériens, Ben Bella, Ait Ahmed, Boudiaf et Khider accompagnés du professeur Mostefa Lacharef.
Les dirigeants du FLN devaient se rendre à Tunis pour assister à un sommet arabe sur invitation du président Bourguiba. Un déplacement hautement important et secret, visant à trouver une solution à la guerre d’Algérie et son indépendance…
Dans les coulisses de cet événement historique tant controversé, le documentaire relate les étapes de ce vol au départ de Rabat où le Roi Mohamed V prend sous sa protection et sa responsabilité la délégation algérienne.
Malheureusement, et au dernier moment avant le décollage de la Capitale marocaine, un changement de programme est annoncé. Le Roi est invité à prendre un autre aéronef sans les Algériens.
Le monarque marocain survole l’espace algérien sans problème, quant à la délégation algérienne, un DC3 d’Air Atlas Maroc sera mis à sa disposition avec un parcours assez inédit et un retard pesant, allant jusqu’à lui faire faire une escale imprévue aux Baléares. Les passagers ne s’inquiètent pas outre mesure. Lorsque l’avion redécolle, personne ne se doute que la décision a été prise par les autorités françaises, avec l’aval de Guy Mollet, d’intercepter leur avion en le faisant atterrir non pas à Tunis, mais à Alger.
À la tombée de la nuit, le DC3 se pose sur le tarmac de l’aéroport d’Alger. Les cinq dirigeants du FLN sont arrêtés et transférés en détention “spéciale” vers la prison parisienne de la Santé, puis vers le fort Liédot dans une île (Aix-La Rochelle).
Considéré comme des prisonniers de marque, les représentants du FLN n’ont cessé de communiquer avec leurs réseaux, et ce, malgré leur détention qui a marqué les esprits.
De mars 1959 à mai 1961, le fort Liédot sera une plateforme de négociations avec, pour interlocuteurs-visiteurs, une multitude d’avocats, chefs politiques, le roi du Maroc, Bouteflika, des émissaires de pays frères à l’Algérie et même l’Élysée. Bien que détenus en France, ces chefs historiques demeurent à la tête politique du FLN, aussi, c’est avec eux que le pouvoir gaulliste conclura en 1962 les accords d’Evian.
Quelles autorités civiles couvrent les militaires ? Pourquoi les captifs échappent-ils à la guillotine ? Comment se déroulent leurs six années de détention ?
Pourquoi deviennent-ils les artisans de la paix ? Le film enquête d’abord sur cet acte improvisé de piraterie aérienne destiné à ruiner les chances d’une paix négociée.
Dans ce documentaire, plusieurs historiens éclairent les ambiguïtés françaises tant sous la IVe que sous la Ve République.
Un documentaire éclairé par un faisceau d’archives et de témoignages dans lesquels le réalisateur Salah Laddi met à jour une vérité historique sur le premier acte de terrorisme aérien français.
Karim Trari

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