Tribunal criminel d’appel : Accusé d’homicide volontaire, il est acquitté
Après appel, R.M.H., qui a été acquitté pour le meurtre de son épouse en première instance, s’est vu de nouveau acquitter par cette instance du second degré. Les faits se sont déroulés le 30 janvier 2014. Ce jour-là, une femme a été évacuée en urgence vers la polyclinique de la commune de Misserghine puis vers les urgences de l’hôpital d’Oran, où elle est décédée suite à de graves blessures. Elle était accompagnée de son époux et des membres de sa belle-famille. Elle présentait une blessure béante au niveau du dos, qui prêtait à suspicion surtout que le personnel devant la prendre en charge a refusé de lui suturer la plaie. L’enquête révèle que la victime, qui venait d’accoucher et qui avait perdu son enfant juste après sa naissance, était atteinte du VIH, une contamination dont sa belle-famille et son époux étaient au courant.
Selon les déclarations du mis en cause à la barre des accusés, sa femme, qu’il chérissait énormément, avait été reniée par ses parents pour son passé « d’adolescente difficile ». Mais cela ne pèsera pas devant les sentiments profonds qu’il lui vouait. Malheureusement, suite à une grossesse compliquée vu son état sanitaire, son épouse a perdu son enfant, après avoir été contaminée par sa mère. Une situation qu’elle n’a pas supportée. Selon toujours le témoignage de l’époux, elle voulait mettre un terme à sa vie, et cela malgré sa prise en charge par sa belle-famille. Mais, elle finit par commettre l’irréparable en se jetant sur la cuvette des sanitaires s’occasionnant une blessure fatale.
L’enquête pose alors plusieurs questions malgré que le suspect a affirmé que la défunte était « toute sa vie ». Expliquant qu’après avoir appris que son épouse était sidéenne, il fera une sérologie qui sera négative. Entendus, le père et les deux sœurs du prévenu relateront les mêmes faits : la défunte avait connu une vie difficile lorsqu’elle était jeune mais une fois mariée à leur frère, ils ont mis tout ce passé derrière et ont vécu ensemble sereinement, même si son état psychique était altéré et le deviendra encore plus avec la perte de son nouveau-né.
Le parquet a requit la perpétuité alors que l’avocat du mis en cause a posé une seule question : le jour du drame, ils étaient plusieurs à la maison au moment des faits. « Pourquoi alors l’accusation est-elle dirigée simplement vers l’époux ? » Puis il a insisté sur le rapport du légiste qui a indiqué que la dépouille portait trois plaies vitales mais non mortelles. Et dira que ce rapport a conclu qu’elle présentait une défaillance multiviscérale vu l’évolution de la maladie dont elle était atteinte.
Zemmouri L.
