Le danger de la chicha et des cigarettes électroniques
À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, célébrée hier dimanche, les spécialistes en pneumologie ont une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme face à la progression du tabagisme dans la société algérienne, touchant de plus en plus de jeunes.
Invitée de la Chaîne 2 de la Radio algérienne, la pneumologue Kahina Bouaziz a insisté sur la nécessité d’une surveillance stricte des enfants et d’une sensibilisation continue de la société contre les méfaits du tabac et de ses prétendues alternatives. Elle a rappelé que la cigarette électronique et la chicha sont également toxiques et cancérigènes, même si leur nocivité est moindre que celle de la cigarette classique, qui reste extrêmement polluante pour le fumeur et son entourage.
La spécialiste a mis en garde contre les effets du tabagisme passif, soulignant que les non-fumeurs exposés à la fumée subissent les mêmes atteintes que les fumeurs actifs : troubles cardiovasculaires, aggravation de l’asthme, altération des cordes vocales, cancers de la cavité buccale, difficultés respiratoires et risques d’accidents vasculaires cérébraux. Elle a également rappelé que l’addiction entraîne une intoxication progressive du corps, affectant les poumons, le cerveau et les reins. Chez les nourrissons de mères fumeuses, l’exposition à la fumée durant la grossesse peut provoquer une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), une maladie incurable caractérisée par une obstruction permanente des voies respiratoires.
Dr Bouaziz a appelé les médecins traitants à ordonner l’arrêt immédiat du tabac, en insistant sur la volonté personnelle des fumeurs et la vigilance des parents pour protéger leurs enfants de la dépendance à la nicotine. Elle a également souligné que le traitement des fumeurs doit être assuré par des équipes multidisciplinaires afin de mieux cerner ce fléau qui touche toutes les couches sociales et les deux sexes. T.F
