Incendies de forêt : Quatre suspects écroués

15 personnes au moins ont été placées en détention provisoire en moins de deux mois par le seul pôle pénal national de lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée transnationale près le tribunal de Sidi M’hamed, pour des faits d’incendie volontaire de biens forestiers — un chiffre qui, à lui seul, donne la mesure de l’ampleur prise par ce phénomène en Algérie durant l’été 2026. Quatre nouvelles personnes sont venues grossir ce total lundi, écrouées pour avoir provoqué des feux dans les massifs forestiers de Tizi Ouzou et de Sétif.
Le parquet de la République près cette juridiction spécialisée a détaillé, dans un communiqué, trois affaires distinctes. La première vise Benmoumen Mehdi, interpellé en flagrant délit par un groupe de citoyens après avoir mis le feu à des broussailles sèches près de la résidence universitaire pour filles de Tizi Ouzou, sur la route des Puits ; une vidéo de l’acte a été versée au dossier. La deuxième concerne Mouzni Merzoug, arrêté pour avoir volontairement incendié la forêt d’Aït Aïssa Ouziane, dans la commune de Maâtka. Les enquêteurs disposent là aussi d’images le montrant en train de jeter des pierres sur des agents de la Protection civile occupés à éteindre les flammes ; l’homme se serait par ailleurs déclaré sympathisant de l’organisation terroriste, Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK). La troisième affaire, instruite sur la base d’une expertise scientifique ayant confirmé leur présence sur les lieux, met en cause Chettibi Imad et Berbach Slimane pour l’incendie de la forêt de Mintano, dans la commune de Tizi N’Bechar (Sétif).
Les quatre hommes ont été présentés à un juge d’instruction le 7 septembre, à l’issue des enquêtes préliminaires menées par la Brigade de recherche et d’intervention de la Sûreté de wilaya de Tizi Ouzou et par le service de recherche et d’investigation de la Gendarmerie nationale de Sétif. Ils sont poursuivis pour actes subversifs de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes et des biens, ainsi que pour incendie volontaire de biens forestiers appartenant à l’État, des faits réprimés par l’article 87 bis du code pénal et par l’article 138 de la loi relative aux forêts.
Cette double qualification n’est pas anodine. L’article 87 bis, issu de la législation antiterroriste, qualifie d’acte terroriste ou subversif tout acte visant la sûreté de l’État par une action destinée à semer l’effroi au sein de la population, à mettre en danger la vie ou la sécurité des personnes ou à porter atteinte à leurs biens.
Son application aux incendiaires alourdit considérablement les peines encourues : lorsque l’infraction sous-jacente est punie de la réclusion criminelle à perpétuité, la peine encourue devient la peine de mort, et lorsqu’elle est punie de dix à vingt ans de réclusion à temps, elle devient la perpétuité.
T. Feriel

Bouton retour en haut de la page