Campagne nationale antigrippale: Des chiffres et des priorités

Un milliard de cas de grippe saisonnière chaque année dans le monde, dont 3 à 5 millions de formes sévères et 290 000 à 650 000 décès liés à des troubles respiratoires, selon l’Organisation mondiale de la santé.
Face à ce fardeau, l’Algérie a lancé ce mardi sa campagne nationale de vaccination 2026-2027 avec plus de deux millions de doses disponibles, dont 1,6 million déjà distribuées aux structures de santé de proximité et aux établissements hospitaliers, a annoncé le ministère de la Santé.
Le directeur général de la prévention et de la promotion de la santé, Djamel Fourar, a présenté la campagne comme un moyen d’interrompre la chaîne de transmission, de protéger les plus exposés aux complications graves et d’éviter toute pression sur le système de soins. Il a insisté sur la provenance du vaccin, fabriqué localement dans le cadre d’un partenariat engagé depuis deux ans entre le groupe Saidal et les Laboratoires Abbott, qu’il a présenté comme une illustration de la volonté de renforcer la souveraineté pharmaceutique et sanitaire.
Le volume est comparable à celui de l’an dernier. Lors du lancement de la saison 2025-2026, le 21 octobre 2025, le ministère avait annoncé deux millions de doses de production nationale à 100 %, avec un vaccin quadrivalent ciblant les quatre souches virales les plus susceptibles de circuler, et une campagne ouverte jusqu’en mars. Les autorités avaient aussi indiqué que d’autres doses pouvaient être fournies en cas de besoin.
La campagne cible en priorité les personnes âgées de 65 ans et plus, les personnes âgées atteintes de maladies chroniques, les enfants souffrant de maladies chroniques, les personnes atteintes d’obésité sévère, les femmes enceintes, les pèlerins et les professionnels de la santé.
Le calendrier est au cœur des recommandations des spécialistes. Le directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie, Fawzi Derrar, a rappelé qu’il faut environ trois semaines au corps pour développer une immunité suffisante, et il a mis en garde contre la tendance à reporter la vaccination à janvier, un calendrier tardif qui coïncide avec le pic épidémique. Ce pic est bien identifié : la directrice de la prévention et de la lutte contre les maladies transmissibles, Samia Hammadi, avait indiqué l’an dernier que la grippe atteint son maximum durant la dernière semaine de janvier.
La surveillance s’est elle aussi structurée. Un réseau national sentinelle, mis en place depuis deux ans par le ministère avec l’Institut national de santé publique (INSP) et l’Institut Pasteur, couvre dix wilayas et fournit les données génétiques des virus en circulation, afin de choisir le vaccin adéquat.
Le directeur général de l’INSP, Yazid Aoudia, a mis en avant le rôle de la sensibilisation et salué la contribution des médias. Selon lui, la vaccination vise à prévenir les infections virales, à réduire leur gravité, à faire baisser la mortalité et à éviter les complications liées aux maladies chroniques. Il a rappelé que la grippe saisonnière reste susceptible de provoquer de graves problèmes de santé chez les personnes concernées lorsque les mesures de prévention sont négligées, et que la réussite de la campagne repose sur le renforcement de l’immunité au sein de la société afin de freiner la propagation du virus.
T. Feriel
