Sécurité hydrique: Près de 8 milliards de dollars mobilisés

Le directeur général adjoint de l’Algérienne de Dessalement de l’Eau de Mer (ADEM), filiale du groupe Sonatrach, Mouloud Hachlaf, a affirmé que l’Algérie connaît depuis plusieurs années une véritable révolution dans le domaine de la sécurité hydrique grâce à l’expansion des projets de dessalement.
Invité de la Chaîne 1 de la Radio nationale, il a précisé que l’État a mobilisé des investissements publics considérables, estimés à près de 8 milliards USD, dont 2,4 milliards pour le premier programme complémentaire et plus d’un milliard pour la première phase du second. Cette stratégie repose sur trois axes : la réalisation des projets par des entreprises nationales compétentes, l’exploitation et la maintenance des stations avec l’appui de technologies modernes et d’expertise étrangère, ainsi que la création d’une base industrielle nationale à travers des partenariats internationaux.
Le premier programme complémentaire a été achevé avec l’inauguration en février 2025 par le président Abdelmadjid Tebboune de cinq grandes stations de dessalement, d’une capacité totale de 1,5 million m³/jour. Cette mise en service a permis d’augmenter la part du dessalement dans l’alimentation en eau potable de 18 % à 42 %, portant la production quotidienne de 2,2 à 3,7 millions m³. Plus de 300 millions m³ ont déjà été livrés à l’Algérienne des Eaux, renforçant l’approvisionnement durant l’été marqué par sécheresse et fortes chaleurs.
Face à la croissance démographique estimée à un million d’habitants supplémentaires par an et à l’expansion urbaine, le président Tebboune a lancé en octobre 2025 un second programme complémentaire prévoyant la construction de six nouvelles stations. Trois d’entre elles seront implantées à Tlemcen, Mostaganem et Chlef, avec une capacité totale de 900 000 m³/jour. Particularité de ce programme, l’eau produite sera acheminée vers les villes de l’intérieur sur des distances allant jusqu’à 250 km, garantissant une distribution équitable.
Pour les wilayas du Sud, confrontées à une forte salinité des eaux souterraines, des unités mobiles de dessalement contenues dans des modules transportables ont été lancées. Leur capacité varie de 2 500 à 50 000 m³/jour et elles reposent sur les énergies renouvelables. Les wilayas de El M’ghair, El Oued, Biskra et Ouargla figurent parmi les bénéficiaires prioritaires. Mouloud Hachlaf a précisé que ces projets sont réalisés par des filiales de Sonatrach et le groupe Cosider, avec des chantiers déjà ouverts et des travaux en cours dont l’achèvement est prévu dans un délai de 26 mois.
M. Salah
