Monoxyde de carbone, inondations, crues…: L’Algérie se prépare à l’hiver

L’Algérie se mobilise pour renforcer la sécurité des citoyens face aux risques de la saison hivernale, marquée par des dangers tels que l’asphyxie au monoxyde de carbone et les inondations.
Pour ce faire, la Direction générale de la Protection civile (DGPC) a annoncé, hier, le lancement d’une vaste campagne de prévention sous le slogan : « Avec la prévention, protégeons-nous et nos habitations contre les risques d’asphyxie. » Cette campagne, qui se déroulera tout au long de la saison hivernale, comporte de nombreuses initiatives visant à élever le degré de conscience du public et à promouvoir des comportements responsables.
De plus, le président de la République avait ordonné des mesures audacieuses pour renforcer la sécurité des foyers. Sonelgaz a ainsi été chargé d’équiper gratuitement les foyers de systèmes d’alarme pour prévenir les fuites de monoxyde de carbone. L’objectif est clair : protéger la vie des citoyens et réduire les risques d’asphyxie par gaz brûlés.
Parmi les actions envisagées par la DGPC, l’organisation de journées portes ouvertes destinées à informer et sensibiliser le large public sur les risques potentiels et les mesures de précaution à prendre. Des caravanes locales seront également mises en place pour se rendre dans des zones urbaines récemment connectées au gaz naturel, où l’attention sera portée sur la sécurité des installations.
L’approche la plus marquante de cette campagne réside dans sa proximité avec la population. La DGPC s’engage à travailler en étroite collaboration avec divers partenaires impliqués dans la sécurité publique, renforçant ses efforts de sensibilisation dans les écoles, les mosquées, les centres de formation professionnelle et les universités. Les médias joueront un rôle clé dans la diffusion de messages importants, avec des émissions de radio et de télévision prévues, ainsi qu’une présence active sur les réseaux sociaux.
Alors que la DGPC lance cette nouvelle campagne nationale de prévention et de sensibilisation, elle a rappelé la nécessité pressante de sensibiliser le public aux risques de la période hivernale, marquée par des incidents tragiques.
La DGPC a souligné que durant la saison hivernale, de nombreux accidents et décès sont attribuables à des causes telles que l’asphyxie au monoxyde de carbone, les inondations et les crues d’eau. En 2022, un chiffre alarmant de 136 décès par asphyxie a été enregistré, dont 111 ont été causés par le monoxyde de carbone. Au cours des sept premiers mois de 2023, la situation ne s’est pas améliorée avec 114 décès dus à l’asphyxie dont 103 liés au monoxyde de carbone.
103 décès dus au monoxyde de carbone en 9 mois
Outre les risques d’asphyxie, la DGPC a également signalé des incidents liés aux inondations en 2022, provoquant le décès de 11 personnes. Cependant, les équipes de secours ont réussi à sauver 150 personnes en détresse. Les chiffres pour les neuf premiers mois de 2023 font état de 12 victimes d’inondations, accompagnées du sauvetage de 235 personnes, démontrant ainsi la persistance des risques associés à cette période de l’année.
Dans ce cadre, le président de la République a pris une série de mesures drastiques pour contrer le phénomène d’asphyxie lié au monoxyde de carbone dans les foyers algériens. Ces actions ont été annoncées lors d’une réunion du Conseil des ministres qui s’est tenue le 24 janvier dernier, dans le but de protéger les vies des citoyens.
Le Président Tebboune a instruit les responsables du groupe Sonelgaz d’équiper gratuitement les foyers de systèmes d’alarme (à la fois lumineux et sonores) pour prévenir les fuites de monoxyde de carbone. Cette décision marque un pas significatif vers la prévention des accidents liés à ce gaz mortel et invisible.
Le cahier des charges pour la réalisation de projets d’habitation, toutes formes confondues, devra dorénavant obligatoirement inclure ces systèmes d’alarme. Cette mesure garantit que la sécurité des résidents est prise en compte dès la conception des bâtiments.
En vue de renforcer la sécurité des produits et équipements, le Président a ordonné au ministère du Commerce, au ministère de l’Industrie et aux Startups de coordonner leurs efforts afin d’élaborer une nouvelle loi portant sur la création de laboratoires de normalisation et de contrôle de sécurité dans tous les secteurs. Le recrutement de chercheurs et de spécialistes pour ces laboratoires sera géré en collaboration entre le ministère de l’Enseignement supérieur, le ministère de l’Industrie et les Startups.
Dans le but de dissuader toute atteinte aux systèmes de chauffage, de tuyauterie de gaz et aux sources d’énergie qui alimentent les foyers, le Président Tebboune a ordonné l’élaboration de textes juridiques fermes. Ces textes interdiront également toute modification de ces systèmes une fois qu’ils ont été livrés.
De plus, des laboratoires de contrôle technique et de qualité, sous l’égide de Sonelgaz, seront mis en place à travers le territoire pour inspecter les équipements électroménagers, en particulier les chauffages et les chauffe-bains, qui sont responsables d’un grand nombre d’accidents domestiques.
L’Etat s’engage
Le Chef de l’Etat a également émis des directives pour encourager les industriels locaux à répondre à la demande croissante sur le marché national en fournissant des équipements de chauffage de qualité et conformes aux normes de sécurité. Ces entreprises bénéficieront d’un accompagnement technique de haut niveau afin de garantir que tous les logements en cours de construction soient équipés de manière sécuritaire.
Les tout premiers détecteurs de monoxyde de carbone fabriqués localement seront disponibles dès le début de l’année 2024, selon une annonce faite, le 23 octobre dernier, lors d’un séminaire technique à Alger par un responsable du groupe Sonelgaz.
Cette initiative s’inscrit dans une démarche visant à prévenir les accidents liés au monoxyde de carbone et à renforcer la sécurité des foyers.
« Sonelgaz œuvre actuellement à produire d’ici le début de l’année 2024 des détecteurs de monoxyde de carbone pour équiper les foyers algériens », a déclaré Mohamed Chikhaoui, directeur chargé de mission à Sonelgaz. Cette initiative est le résultat d’un engagement à garantir la sécurité des citoyens et à réduire les risques d’asphyxie par gaz brûlés.
Rappelons qu’une initiative ambitieuse a été lancée par Sonelgaz en mars dernier pour équiper les foyers de détecteurs de monoxyde de carbone. Ainsi, pas moins de 22 millions de ces dispositifs de sécurité sont actuellement en cours d’installation.
La mise en place de ces détecteurs de monoxyde de carbone est devenue une priorité essentielle en Algérie face à la montée du nombre de victimes d’asphyxie au monoxyde de carbone, un tueur invisible qui sévit d’année en année.
B. Bakhta
