Ce que j’en pense: « La valise ou le cercueil »
Par Moncef Wafi
La France, pays profondément colonial et raciste, se réveille et étale au grand jour sa haine de l’autre. L’émergence du parti d’extrême droite au premier tour des législatives n’est en rien une surprise et les résultats obtenus par la bande à Jordan Moumouh Bardella sont loin d’être fortuits en présence d’une volonté manifeste de bousculer le pays des pâles lumières dans les ténèbres.
La succession de présidents de la République de peu d’envergure, à l’image de Sarko, Hollande et Macron, ont fragilisé les fondements même d’une démocratie autoproclamée, suggérant la présence d’une troisième force capable de redonner à la France sa place parmi l’Europe croisée. La lente mise à mort d’une Gauche faisandée et la compromission de plus en plus décomplexée de la Droite ont absous le parti raciste, l’élaguant de la lourde et pesante accusation d’antisémitisme.
En effet, débarrassé de cet encombrant défaut, si on se fie aux déclarations d’Alain Fiel-de-Crotte, on pouvait enfin lâcher la bride aux brigades brunes pour défiler à Paris. Et si médiatiquement des voix s’élèvent au sein de ces deux formations politiques en lambeaux pour appeler à faire face à la montée du nouveau Reïch, la vérité est ailleurs comme le professait Fox Mulder. Ainsi, la présidente sortante de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, celle qui épingle le pin’s du drapeau israélien sur sa poitrine, a clairement affiché sa position nuancée par rapport au désistement au profit du Nouveau Front populaire, le seul capable de barrer la route de la majorité parlementaire devant le RN.
Fini le temps où la Gauche appelait ouvertement à voter pour un candidat de la Droite pour fermer la porte au nez des racistes. Fini l’esprit républicain qui veillait à garder la France sur le fil du rasoir, place nette à la montée officielle d’une VI République, celle des Le Pen, de Cioti, des groupes identitaires, fils illégitimes des Skinheads et des ratonnades.
Avec ces résultats, c’est la parole raciste qui va se libérer, elle qui n’était jamais aphone, à vrai dire. Le racisme sera démocratisé et ses premières victimes sont, à n’en pas douter, les émigrés. Pas tous les étrangers, mais les basanés, les frisés, les beubards, les rebeus, les renois et accessoirement les roms, les tsiganes, les races de seconde zone d’Europe de l’Est et des Balkans.
Maintenant, si les Français des banlieues ne se mobilisent pas pour le second tour, il ne leur restera qu’à reprendre le fameux slogan des Pieds-noirs aux lendemains de l’Indépendance de l’Algérie : « La valise ou le cercueil ».