Le Président allemand l’a sollicité à titre « humanitaire »: Tebboune va-t-il gracier Sansal ?

Boualem Sansal va-t-il être gracié par le chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune ? Tout porte à croire que la réponse la plus attendue est à l’affirmation.

Un communiqué de la Présidence de la République a indiqué, hier, que le Président Tebboune a reçu une demande de son homologue allemand « d’accomplir un geste humanitaire en graciant l’écrivain Boualem Sansal ».
Ainsi, le président fédéral d’Allemagne, Frank-Walter Steinmeier, a officiellement sollicité Abdelmadjid Tebboune pour accorder une grâce présidentielle à Boualem Sansal, condamné à cinq ans de prison en Algérie, en mars dernier pour atteinte à la sûreté de l’État. Sentence confirmée en appel, en juillet 2025.
Dans sa déclaration, Steinmeier a souligné que l’âge avancé de Sansal et la fragilité de son état de santé justifient une mesure exceptionnelle. Il a proposé que l’écrivain soit autorisé à se rendre en Allemagne pour y recevoir des soins médicaux, ajoutant que cette grâce serait « l’expression d’un esprit humanitaire et d’une grande clairvoyance politique ». Rappelons que le Franco-algérien est lauréat du Prix de la paix des libraires allemands.
Ce geste, selon le Président allemand, refléterait non seulement les relations personnelles de longue date qu’il entretient avec son homologue algérien, mais aussi les liens diplomatiques solides entre Berlin et Alger.
Si pour l’heure, aucune réponse officielle n’a été communiquée par Alger, le fait que la lettre du Président allemand soit publiée par les supports médiatiques forts de l’Etat, indique clairement le sort qui lui sera réservée. La demande allemande exprimée en tant que telle pourrait fort probablement déboucher sur la libération de Sansal.
En effet, on est très loin de l’arrogance diplomatique française et l’hostilité hystérique que cette affaire de droit commun a suscitée parmi les cercles médiatiques et intellectuelles de la droite et de l’extrême droite hexagonales. Le dernier exemple en date est la déclaration provocatrice du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui avait indiqué que la France menait « un dialogue exigeant » avec Alger pour obtenir la libération de l’écrivain.
Saïd Oussad

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