Tribunal criminel : Perpétuité pour le Pablo Escobar d’El Harrach

Après opposition, ce jeudi s’est ouvert le procès du baron de kif, H. Oussama, devant le Tribunal criminel de première instance de la Cour d’Oran. Un procès qui s’est tenu par vidéo- conférence vu que le prévenu se trouve actuellement à la maison d’arrêt d’El Koléa, et que son transfert vers Oran a été jugé impossible. Aux termes des délibérations, le mis en cause a été condamné à la perpétuité.

Pour rappel, cette affaire avait éclaté suite à des informations parvenues aux éléments de la Gendarmerie nationale de Relizane, en date du 17.8.2014, faisant état d’une importante quantité de kif qui allait être transporté des frontières Ouest vers l’Est du pays en transitant par la Capitale. Une enquête est alors diligentée et les investigations ont permis aux gendarmes de localiser le véhicule devant transporter la drogue. Il s’agit d’un semi-remorque citerne qui sera pris en filature jusqu’au au niveau de l’autoroute Est-ouest. Plusieurs voitures sont lors aperçues aux alentours, lorsque d’une Renault Mégane, descend le premier acteur dans cette affaire pour prendre place à bord du poids lourds et démarrer en direction d’Alger. Il est intercepté au niveau d’un barrage routier et l’inspection de la citerne permet aux gendarmes de mettre la main sur 37 quintaux de kif. Le chauffeur, quant à lui, affirme avoir été engagé pour transporter du gasoil.
Quant au conducteur de la Mégane, il explique à son tour n’être qu’un taxieur clandestin et qu’il avait transporté le premier accusé de la ville de Boumerdès vers Relizane contre 7.000 DA ; des déclarations confirmées par le chauffeur du camion. Après analyse du téléphone de ce dernier, un troisième mis en cause est identifié avant d’être arrêté. L’analyse de ces appels téléphoniques révèle qu’il était en contact avec le chauffeur du camion durant tout le trajet qu’il avait fait ainsi qu’avec H. Oussama. Ces mêmes appels trahissent aussi la complicité d’un commandant de la gendarmerie nationale dans cette affaire.
Ce jeudi, et suite à la lecture de l’arrêt de renvoi, H. Oussama a été entendu par vidéo conférence, quoique reconnaissant son activité illégale, il nie être derrière cette affaire. « Votre honneur, je ne sais pas pourquoi j’ai été cité », se défend-t-il. Lors du premier procès, les trois mis en cause avaient nié les faits retenus contre eux alors que le président de l’audience avait, pour sa part, insisté sur leur complicité avec H.O., et l’officier de la gendarmerie.
Dans son réquisitoire ce jeudi, le parquet a requis la perpétuité en insistant sur les faits graves de ce trafic. La défense du prévenu plaidera la non culpabilité de son mandant expliquant que ce dernier n’a été chargé que par d’autres accusés et ne peut être condamné sur cette base.
Zemmouri. L

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