Ils organisaient des traversées clandestines par mer : Dix ans de prison pour un Marocain et ses complices

Le tribunal criminel d’appel d’Oran a condamné cinq personnes -dont un ressortissant marocain- à dix ans de prison ferme pour association de malfaiteurs, trafic illicite de migrants et mise en danger de la vie d’autrui, confirmant ainsi la peine prononcée en première instance.
Les faits remontent au 18 octobre 2020 lorsqu’une embarcation transportant des harraga est interceptée en haute mer. Interrogés, les voyageurs diront que le voyage a été organisé par B. Yacine, un Marocain de 25 ans résidant dans la localité d’Aïn el Beïda. Les premiers éléments de l’enquête montreront que le jeune homme est entré en Algérie en 2017 pour travailler comme plâtrier.
Le présumé organisateur de la traversée sera interpellé par la gendarmerie nationale à son domicile de location, à Aïn el Beïda, en même temps que huit autres personnes qui s’y trouvaient. Interrogés, les suspects révèleront être tous de nationalité marocaine et être entrés clandestinement en Algérie pour se rendre en Espagne par voie de mer.
Ils confirmeront que leur hôte B. Yacine les avait hébergés et organisait la traversée clandestine contre la somme de 90 millions de centimes par personne.
B. Yacine ne niera pas ce qui lui est reproché indiquant qu’il active avec un complice algérien dénommé B. Abdelbasset. Il expliquera qu’il attirait les Marocains désirant se rendre en Espagne et que son complice les prenait en charge au niveau de la ville de Sebdou pour ensuite les diriger vers Oran contre 14 millions. Une fois arrivés dans la capitale de l’Ouest, ces harraga envoyaient à leurs familles un numéro de CCP afin qu’elles leur fassent parvenir le reste de l’argent pour la traversée.
Egalement interpellé et interrogé, le dénommé B. Nasreddine niera toute relation avec ces faits ajoutant que le matériel saisi dans cette affaire ne lui appartenait pas. D’autres suspects sont arrêtés dans cette affaire, dont G. Samir et B. Abderrahmane qui réfuteront en bloc toutes les accusations et nieront connaitre les autres personnes arrêtées. Toutefois, le contrôle de leurs téléphones portables révélera des échanges d’appels avec le reste des suspects.
A la barre du tribunal criminel d’appel, B. Yacine maintiendra ses aveux et ajoutera que lui aussi avait décidé de quitter l’Algérie par voie clandestine. Les autres prévenus, eux, continueront de rejeter toutes les accusations retenues contre eux.
Le représentant du ministère public requerra contre les mis en cause la peine de quinze ans de réclusion criminelle, soulignant la gravité de l’affaire.
La défense de B. Yacine plaidera les circonstances atténuantes en insistant sur la situation sociale du prévenu alors que les avocats des autres mis en cause plaideront la non-culpabilité de leurs mandants.
Zemmouri L.

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