Trafic de cocaïne et d’ecstasy : 20 ans de réclusion pour un ancien élu de Tindouf

Le tribunal criminel d’appel de la Cour d’Oran a condamné I. Sid Ahmed, un ancien élu de Tindouf, âgé de 60 ans, et son complice B. Said à 20 ans de réclusion criminelle pour trafic de drogue en bande organisée.

Un verdict qui confirme la condamnation infligée en première instance à l’encontre des deux prévenus alors que d’autres suspects, présumés membres du réseau de trafic, se trouvent toujours en fuite.
Les faits remontent au début du mois d’août 2020 lorsque les gendarmes du barrage d’Oum el Assel arrêtent un véhicule utilitaire de marque Kangoo immatriculé à Oran.
Après vérification, il s’avère que le numéro de série de la voiture ne correspond pas à celui indiqué sur la carte grise. Interrogé, le chauffeur, A. Tahar, explique que la voiture ne lui appartient pas et que c’est un certain N. Boumédiene qui lui a demandé de la conduire de Tindouf à Oran en contrepartie de 20.000 DA. Le véhicule est saisi et l’homme relâché sous réserve d’être rappelé ultérieurement. Mais il ne répondra pas à la seconde convocation et disparaitra complètement dans la nature. Ce qui intriguera les gendarmes d’autant que des tiers ont tenté à plusieurs reprises de récupérer la Kangoo. Parmi les personnes s’étant manifesté, B. Said, possédant la double nationalité algérienne et sahraouie, qui réside à Tindouf. Une autre personne tentera également de prendre possession de la voiture, un ex-élu RND de Tindouf, I. Sid Ahmed.
Intrigués par autant d’intérêt, les services de la Gendarmerie nationale finiront par inspecter le véhicule pour y découvrir 16 kg de cocaïne et 182.731 comprimés d’ecstasy. Les investigations menées détermineront que les stupéfiants ont été acheminés depuis la Mauritanie à Tindouf via les territoires sahraouis, et devaient être convoyés vers Oran où les attendait leur propriétaire, identifié comme étant B. Mustapha, alias «Chadi». Celui-ci se trouve en fuite et fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Les enquêteurs découvriront également que « Chadi » est impliqué dans le trafic de voitures et la contrebande des téléphones portables, et qu’il a recours à de fausses identités qui lui permettent de passer sous les radars de services de sécurité.
D’autres suspects seront identifiés dans des investigations, notamment deux frères de Mustapha : Saïd -qui avait tenté de récupérer le véhicule de la fourrière- et Mohamed qui possède une société d’import-export à Tindouf. Société qui était servait à faciliter le va-et-vient entre les territoires sahraoui vers Tindouf.
A la barre du tribunal criminel d’appel, Sid Ahmed admettra connaitre B. Said mais rejettera vigoureusement les accusations de trafic de drogue portées contre lui. Saïd clamera lui aussi son innocence et jure n’avoir aucun lien avec les stupéfiants saisis.
Dans son réquisitoire, le représentant du ministère public requerra la perpétuité contre les deux prévenus alors que la défense plaidera la non-culpabilité, aucun élément de preuve tangible reliant leurs clients à la drogue ne se trouvant, selon elle, dans le dossier d’accusation.
Zemmouri L.

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