Macron reconnaît l’assassinat de Larbi Ben M’hidi

Le président de la République « reconnaît ce jour que Larbi Ben M’hidi, héros national pour l’Algérie et l’un des six dirigeants du FLN qui lancèrent l’insurrection du 1er novembre 1954, a été assassiné par des militaires français placés sous le commandement du général Aussaresses », a indiqué, hier, un communiqué de l’Élysée.
« La reconnaissance de cet assassinat atteste que le travail de vérité historique, que le président de la République a initié avec le président Abdelmadjid Tebboune se poursuivra », souligne la même source, précisant que le but de Macron est « d’aboutir à la constitution d’une mémoire apaisée et partagée ». La mort du « Jean Moulin algérien » maquillée en suicide.
Ancien général de l’armée française décédé en 2013, Paul Aussaresses avait avoué en 2000 au journal Le Monde avoir torturé en Algérie, alors qu’il était coordinateur des services de renseignement lors de la bataille d’Alger, en 1957. Il avait notamment affirmé avoir abattu 24 prisonniers, parlant d’un climat de « torture généralisée », dont le ministre de l’Algérie de l’époque, Robert Lacoste, avait connaissance.
La version officielle avait maquillé son décès en tentative de suicide, peu après son arrestation le 23 février 1957, alors que le militant était présenté devant la presse, les mains entravées par des menottes, mais souriant et serein, face aux parachutistes français. L’homme de 34 ans est ensuite emmené dans une ferme abandonnée au sud d’Alger, puis exécuté. Dans un livre-aveu, Services spéciaux, Algérie 1955-1957, paru en 2001, le général Aussaresses admet avoir organisé l’assassinat, affirmant avoir agi avec l’aval des politiques.
